mercredi 17 octobre 2012

Perquisition et Garde à Vue,Partie 2

Note : Ce billet fait suite à celui ci /// Je tiens à préciser qu'il m'a été très difficile de l'illustrer, puisqu' en recherchant des images de geôles ou de commissariats, j' ai trouvé en grande partie de belles images de geôles toutes belles, toute neuves, toutes propres, qui n' étaient absolument pas conforme à ma (la?) réalité. Il semblerait que de vraies images de nos commissariats Français aient du mal à filtrer./// 


Dans la voiture, on se tient la main, fort.
Peu à peu, l' adrénaline de la perquiz descend, et je commence à prendre conscience de ce qu'il se passe. On part en garde à vue, on a pas consommé depuis plusieurs heures, pas prit de métha depuis plusieurs jours, le manque allait bientôt se faire sentir. La garde à vue. Enfermé dans une cage avec rien à faire. Des heures durant. C'était pas possible. Je n'allais jamais tenir. J'allais devenir dingue.
Comme unique réconfort, l' idée de m' éxploser la tête contre les murs si jamais ça devait devenir trop difficile à supporter.

Une fois entrés dans le poste, mon copain a été accompagné dans un bureau à l'entrée du couloir, et moi j'ai été guidée dans un autre bureau tout au fond. 
La photo de Sarkozy au mur, une vitrine dans laquelle trone un tas de pipes, de bangs, de petites boîtes à shit, des goodies cannabis en tous genres, trophées cyniques des quelques victoires de la police dans la guerre aux drogués. Un bureau trop imposant pour la pièce sur lequel repose un ordinateur incroyablement obsolète, une chaise en plastique orange, une petite poubelle noire contenant les restes d' un sandwich. Une horloge au mur -dix-sept heures- à coté d'un calendrier de la police nationale. Des barreaux aux fenêtres. Décor entre l'anxiogène et le WTF.

En face de moi, installé dans son grand fauteuil en cuir, le plus vieux du petit groupe de la perquiz. Il ressemble comme deux gouttes d'eau à un flic d'une série policière qui passe la nuit sur une chaîne de la TNT. Lors de la perquiz, J'avais cru comprendre que c' était le chef, ou en tout cas, qu'il était au dessus des deux autres hiérarchiquement. Il me regarde, ouvre mon dossier, le feuillette, me re regarde :
_ "Alors!... Alors alors alors...
_ ...
_ Ca fait un moment qu'on te connaît toi dis donc!
_ ...
_ Dis toi, déjà à l'époque de [il cite le nom d'un dealer fréquenté il y a 5 ans], on te connaissait!
_ ...
_ Bon!... Bah on va voir tout ça ensemble!
_ Ca va être long?
_ Ah bah ça, ça dépend de toi!
_ Stàdire?
_ Ben si tu dis la vérité, non, ce sera pas long."
Soupir...
_ "Est ce que tu désires voir le médecin? Je suppose que oui hein?
_ Oui.
_ Est ce que tu souhaites t'entretenir avec un avocat?
_ Oui.
_ Oui?
_ Ben... oui pourquoi?
_ Boarf... Ca sert à rien, tu vas perdre du temps plus qu' autre chose tu sais...
_ Nan mais je veux en voir un.
_ Bon ok."
Il se lève, fait quelques pas vers la porte restée ouverte, et gueule :
_ "Guillaume!!?
_ Quoi??!!
_ Y' a la miss qui veut voir un avocat!

Le Guillaume en question arrive. C'est visiblement le plus jeune de la bande des trois de dtaleur. Il reste dans la découpe de la porte et m'adresse un :
_ "Ben pourquoi tu veux voir un avocat?
_ ... Parce que j'ai le droit.
_ Nan mais... C'est pas les Experts ici tu sais! Flippe pas!
_ ...
_ Tu sais que si tu veux voir un avocat, là nous ça nous bloque, et vu l'heure tu vas être obligée de rester cette nuit!
(Je réfléchis un instant, son argument fait mouche.)_ ... Mmmmh... Mais pourquoi, parce que y'a moyen que ça aille vraiment vite?
_ Ben ça dépend de toi!
(Je réfléchis encore quelques secondes)_ Bon, laissez tomber, je veux voir un avocat, j' ai le droit, c'est tout.
_ Ok ok, t' énerves pas nénette... (Il regarde son chef) Je l'ammène?
_ Ouais.
_ Bon bah viens tiote, tu vas venir avec moi."
Je crois comprendre que "Tiote", c'est moi. Je me lève et je le suis, long couloir, puis les escaliers qui descendent vers les cages de garde à vue. Je connais déjà cet endroit. Plus jeune, j' y avais fait plusieurs séjours pendant les manifs anti CPE, entre autre pour "rébellion", "refus d'obtempérer" et "état d'ivresse manifeste". Mineure à l'époque, j' étais restée menottée à un banc, pleine vue sur une partie des cages. Je me rappelle d'ailleurs avoir pensé "Si on m'enferme là dedans un jour, je me flingue direct".

Entrée dans l'arène. Un gros guichet en bois, et derrière des cases dans lesquels sont rangés des paniers numérotés qui servent à ranger les biens des gardés à vue. En face, un banc. Vers la gauche, une porte de sortie et une baie vitrée qui donne sur le parking des voitures de la police. Vers la droite, une rangée de cellule. Derrière, un renfoncement, un autre banc, une autre rangée de cellules, et des portes "normales".
Derrière son guichet, le geôlier, version plus caricatural tu meurs. La gueule rougit, l'air flasque, un gros bide, et la gueule type du facho frustré.

Le flic qui m'accompagne me fait asseoir, me demande d'enlever mes lacets, mes bijoux, et de vider mes poches. Ca me démange de lui brailler que je ne peux pas avoir grand chose dedans, puisque lui et ses collègues sont venus me pécho chez moi alors que j'étais à moitié à poil. Mais je la ferme. Je sais à qui j'ai affaire. Mes quelques passages, les histoires des autres, et surtout mes nombreux contrôles m'ont appris.
Je sais que je suis face à un groupe soudé qui se sent plus pisser de son petit pouvoir, et face auquel il vaut mieux la boucler, que ce soit en interrogatoire, ou en général.

J' entends que le flic qui m'a accompagné demande au geôlier d' appeler "Catherine", ou un truc du genre, enfin une femme quoi. Elle arrive quelques minutes plus tard. Cheveux mal colorés blond-orange, coupe très courte avec des pics à l'arrière de la tête, fond de teint orange, contour des lèvres foncé/rouge à lèvres clair, un revival des années 90 à elle toute seule, même avec son uniforme. Elle se dirige derrière le guichet sans même me regarder, enfile des gants chirurgicaux et saisit un panier.
_ "Tu me suis?"
Je suppose qu' elle s'adresse à moi, bien que je ne comprenne pas tellement ce tutoiement d'emblée. Elle m'amène devant l'une des portes "normales" plantée au milieu des cellules. En entrant, je découvre une pièce de peut être quatre mètres sur quatre, un carré recouvert d'un même revètement carrelé ocre du sol au plafond, sans une seule fenêtre. Lumière blafarde.Tout à gauche, une table et deux chaises. Elle pose le panier sur la table, puis me regarde avec insistance, avant de finir par lacher un "Bon bah tu te déshabilles!" agacé.
Malaise. J' ai vraiment pas envie de me foutre à poil devant cette femme vulgaire et désagréable. Envie de vomir. Et premiers ressentis du manque. Rien de tel qu' un bon petit coup d' humiliation pour le faire monter.

Je commence par enlever mes chaussures-sans-lacets, ma jupe, mon gros gilet, puis mon premier tee shirt. Elle passe ses mains sur tous les recoins de mes fringues, comme si elle cherchait un truc d'une valeur inestimable. C'est ma dernière couche de vètements avant de me retrouver à poil. Entre mon ventre plein de vergetures ou mes cuisses en sang, mon coeur balance. J' enlève finalement mon legging en premier. Puis ma culotte, dans laquelle est collée une serviette tachée que les flics de la perquiz ont daigné, grand seigneur, accepté que je mette avant de partir. Elle prend l'ensemble, perplexe, le pose avec le reste de mes affaires. Je suis totalement estomaquée qu'elle ne me le rende pas directement.
Je distingue son regard horrifié sur mes cuisses pleine de sang séché. J' ai envie de lui dire "ça craint hein? Dites merci à vos potes!".
Au lieu de ça, j'enlève mon dernier tee shirt. Je pose instantanément un bras sur mon ventre pour le cacher, je n' ai plus qu' une petite brassière de rien, je me dis que c'est pas la peine de l'enlever, mais la grognasse me lance "ça aussi!". J' hallucine. Je l'enlève, j' essaye à présent de cacher tant bien que mal et mes seins et mon ventre.
J'ai froid. Je commence à trembler et à avoir des frissons liés au manque. J' attends que cette pétasse finisse d' éxaminer mes fringues, mais alors qu' elle vient de terminer l' examen de mon dernier tee shirt, elle me regarde et me sort "accroupies toi".
Quoi? Je me dis que j'ai du mal comprendre, je demande "pardon?". "Accroupies toi! Je dois vérifier que t'as pas caché du stup ailleurs".

Ailleurs... D' accord. Cette femme est en train de me dire très sérieusement que malgré mes règles hyper manifeste, elle compte quand même suivre la procédure pour vérifier que j'ai pas un truc planqué dans le fond de la chatte.
Cette procédure, j'en avais déjà entendu parler : tu t' accroupies, tu tousses trois quatre fois, et si t'as un truc planté dans la chatte ou le fondement, il est censé sortir. (Mais en fait, ça ne marche pas vraiment...) . On m'avait aussi plusieurs fois fait état d'un miroir glissé sous les fesses pour observer tes trous en long, en large et en travers.

Toujours avec un bras pour cacher mes seins, je m' éxécute, tout doucement, comme si ça rendait le truc moins humiliant. On se croirait un peu à une séance d'humiliation SM, version folklorique-chiante. Elle me demande de tousser trois fois. Alors que j'ai à peine toussiller, elle me dit : " C'est bon, Rhabilles toi". Je comprends alors qu' elle m'a fait faire ça seulement pour le plaisir de me foutre la honte. Parce que si vraiment elle avait soupçonné un truc, elle m'aurait obligatoirement demandé de re tousser mieux que ça, vu la nonchalance avec laquelle je me suis illustrée.
Connasse.

Je réenfile ma culotte et sa serviette déjà inondée rester collée dessus. J' ose même pas demander si elle peut m'en donner une autre. Au moment de réenfiler ma brassière, je vois qu' elle est posée dans le petit panier. Je tends ma main pour la prendre.
_ "Non, ce qui est dans le panier, tu le récupèreras quand tu sortiras".
Quoi? Il y a mon gilet dedans. J'enfile rapidement mes deux tee shirt, ma jupe et mes chaussures-sans-lacets, avant d'oser un "Mais heu... Pourquoi je ne peux pas avoir mon gilet?
_ Parce qu'il a des pressions.
_ Et heu... Donc?
_ Et donc c'est interdit. (elle me regarde en fronçant les yeux) Ho mais!..."
Elle vient de stopper net en découvrant que j' ai encore quelques bracelets au poignet. Normal, ce sont mes bracelets de festoches, et deux autres porte bonheur offerts par mes copines. Un moment que je les garde, ces bracelets là ça peut pas s'enlever.
_ "Ca faut me les enlever hein!
_ Mais heu... Je ne peux pas... (Je lui montre que ça ne passe pas)"
Shlack. Coupés net, même pas eu le temps de comprendre, en plein milieu. "Tu les récupèreras quand tu sortiras". Je n' ai même pas la force de dire quelque chose. "Ho et ça non plus c'est pas bon!" Mon tee shirt. Un décollté en V dans le dos tenu par un petit lien. "Soit tu le laisses dans le panier, soit je coupe"
Hum voyons voir... En plein mois de décembre, sans pull ni gilet, en début de crise de manque, bloquée pour des dizaines d'heures au minimum dans une cellule glaciale... Ah oui, on peut dire que j' ai les moyens de faire un choix vraiment éclairé!
Shlack. Coupé. Le dernier maillon de la chaîne de ma dignité.

On sort de la pièce, mon accompagnateur s' approche de moi pendant que la connasse s'en va ranger mes affaires dans les cases de bois prévues à cet effet.
_ "Ton avocat n'est pas encore arrivé, donc en attendant, je vais te mettre en geôle.
_ Je peux pas rester attendre sur le banc?
_ Ah non!
_ ...
_ Ah bah tu veux faire la grande t' assumes nénette!"

Il ouvre la porte, un gros verrou. Je découvre une minuscule pièce, deux mêtres de long, un et demi de large. Un bloc en béton coulé qui prend toute la longueur et peut être un petit quart de la largeur en guise de banc. Et c'est tout.
L' odeur y est infame, clairement, ça sent la pisse. Au mur, des milliers d' écritures et de gravures, on voit que ce sont des oeuvres de fortune qui pour la plupart, ont été faites avec les moyens du bord. Un petit stylo échappé de la fouille, une glissière de fermeture éclair pour gratter dans le mur... "Lisa, 47 heures", "Medhi, 78 heures, tjrs opé"... prénom + nombre d'heures, parfois aussi une date. Sur le moment, plus que du réconfort, ces écritures me donnent le vertige. J' essaye de me rassurer, de me dire que je ne resterais pas aussi longtemps. Mais quand même.
La porte se referme dans un bruit fracassant. J'ai une cellule spéciale, la seule qui donne vue et sur le guichet, et sur la baie vitrée qui dévoile l' exterieur et le parking des voitures de la police.
La porte est dans un genre de plastique quadrillé par du métal. A certains endroits, on voit assez nettement à travers, mais majoritairement, c'est assez flou et indistinct. Les bruits sont étouffés, mais en se concentrant, on entend la plupart des conversations.
Les néons criards laissent passer une lumière vivace et blanche dans la cellule. J'espère naivement qu'ils vont les éteindre ou les baisser pour la nuit.
Je tente de m'assoir sur le "banc". Mes fesses sont bien trop larges pour tenir dessus, je suis affreusement mal assise, mais vu l'odeur et la couleur du sol, je préfère ne pas m'asseoir dessus. De toute façon, il n'y a guère plus de place.
Le banc, le sol et les murs sont complètement glaciaux, leur froid traverse mes vètements. Je suis gelée, j'ai envie de pleurer, j' ai peur.
Le manque s'amuse de mes émotions fortes, il me nargue. Alors, t'as rien pour me calmer, bah tiens, manges, puissance 10. Je m'accroche farouchement à l'idée que le médecin va bientôt passer, et que ça va aller mieux.
Au bout d'un quart d' heure environ, la porte s'ouvre : C'est l'avocate, elle est là.

L' entretien avec elle se passe dans la même pièce que la "fouille". Elle me serre la main, c'est presque réconfortant, petite preuve d' égard au milieu du chaos. Elle est douce et gentille, me demande pourquoi je suis là. Je commence à parler, mais mes dents claquent et je tremble.
Elle m'interrompt. "Vous êtes malade?" Je lui explique que je commence à être en manque, qu' avec ce qu' il vient de se passer, ça monte super vite. Elle essaie de me calmer tant bien que mal, me répète plusieurs fois que je peux bientôt voir le médecin.
Elle m'explique qu'il passe vers vingt heures tous les soirs. Je lui demande quelle heure il est. C'est dix huit heures quarante cinq. Encore une grosse heure. Ca me semble interminable et à l'entente de sa réponse, je me mets à pleurer, avant de me reprendre très vite. C'est que j'ai pas toute la vie, et il qu'il faut que je raconte mes histoires.
Mais... quelles histoires éxactement? En vérité, je ne sais même pas pourquoi je suis là. Je ne sais même pas pourquoi les flics ont débarqué comme ça, je sais juste que c'est arrivé après qu'ils aient arrêté mon copain sous un prétexte fallacieux dehors, en bas de chez nous, alors qu'ils nous attendaient manifestement.
Ils n'ont pas trouvé de produit, juste des pailles, des keps, des mouchoirs crades.
J' explique tout ça à l'avocate, mes dents qui claquent en bruit de fond. Je vois qu' elle est complètement désarçonnée et dépassée par la situation. Elle est visiblement débutante, et n'a pas encore du voir beaucoup de toxicos se déconfirent comme ça de minute en minute. Ou en tout cas, elle ne s'est pas encore habituée à s'en foutre.
Elle s' étonne plusieurs fois de l'absence d' autres évènements qui auraient pu amener à notre arrestation. "Il n' y a pas l' un de vos fournisseurs qui vient d' être saisit, ou de fréquentations qui semblent concernés aussi?"
D' après elle, je devrais m' en sortir rapidement et sans trop de problèmes, ils n' ont pas trouvé de produit, et je n' ai pas de casier. Il faut que je sois courageuse, je vais bientôt voir le médecin, ça va aller mieux.
Au moment de s'en aller, elle me lance un petit sourire à la fois compatissant et désolé.

L' entretien terminé, c'est le geôlier qui vient me chercher. La porte s'ouvre, elle donne vue sur une rangée de cellule. Vision cauchemardesque : Dans l'une d'elle, je vois mon copain. Il n'est pas seul, trois autre mecs sont avec lui. Sa cellule à lui est "grande", à peu près quatre fois comme la mienne. J'y distingue un lavabo, et ce qui me semble être des toilettes Turques, plantées là, sans même un semblant de séparation avec les gens.
Au moment où il me voit, il tambourine à la porte, me hurle qu'il m'aime, de pas m'inquiéter. Ca énerve le geôlier qui hurle par dessus lui "Vous avez interdiction de communiquer!". On trouve quelques secondes pour se faire quelques signes, t'inquiètes pas, tout va bien.
J' aurais tellement voulu fracasser la porte qui nous séparait à ce moment là, me serrer sur lui et lui dire toute ma détresse, que je commence à être en manque, que je me sens mal, que je ne supporte pas de le voir enfermé là. Les couples de toxico ont une facheuse tendance à la fusion, et dans notre cas c'est très puissant. (Sa)Voir l'autre en galère, c'est pire que d'être en galère soi même. Et c'est surement pour ça que dans ces secondes de communication furtives, lui comme moi on se fait signe que ça va, t'inquiètes pas.
Avant de me faire enfermer, je demande au geôlier quand est ce que le médecin va passer. "Oh, il passera quand il passera hein!"
Et alors que le verrou claque, je comprends brutalement que c'est fini pour aujourd'hui : Les flics des stups qui s' occupent de nous ont fini leur service, et c'est à présent sur et certain qu' on va passer la nuit ici, mon copain entassé avec les autres, et moi seule dans ce trou glacial.


6 commentaires:

  1. J'ai vu, j'ai connu, j'ai fini au trou, !

    Ces moments là ne s'oublient pas ! (même si la cam a tendance a tout rendre flou)
    Je n'avais personne a mes cotés, si ce n'est, mes 8 "compères" tombés en même temps que moi.
    Simple consommatrice, ayant hébergé et rendu service a la mauvaise personne.
    J'ai eut la chance de réussir a garder un petit pochon de quelques traces sur oim, et de le taper pendant la GAV (veridique, j'te jure, histoire abdracadabrante, dure a raconter par ecrit), ça m'a littéralement sauvé la vie !
    Puis est venue la comparution immédiate, et les 6 mois fermes + 2 ans de mise a l'épreuve dont 6 mois de sursis.
    Puis le gnouf ! (que j'ai très bien vécu, y ait même passé de bons moments :)

    Bref, 3 ans après ma sortie de taule, je suis tjrs sous traitement (sub) dont le dosage diminue tous les xxx mois.
    J'ai la facheuse habitude de continuer a le taper en traces malgré tout. Les vieilles habitudes se perdent difficilement.

    Je bosse, j'ai un appart, je vis en couple.
    Rien de tout ça n'est arrivé grâce à l'état et sa pseudo ré insertion de merde.
    Juste grâce a de vrais potes, un peu de ma famille.

    C'était pas simple, je suis même retombée ds la cam pendant 6 mois, après ma sortie de prison !

    Tout ça pour dire, je ne sais pas du tout ou tu en es dans ta vie, mais tes articles m'ont donné envie de te raconter mon expérience, en version accélérée, et avec une pseudo happy end.

    PS : tu décris carrément bien ce qu'on vit en GAV, prends le comme un compliment : on a même envie de connaitre la suite :)

    Bonne continuation !

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  2. Ton article me touche et m’interpelle sur plusieurs points.
    Il y a d'abord le langage et la manière dont on te parles : on te tutoies, te donne du "miss" "nénette", emploi des termes finalement très condescendant, patriarcaux comme pour te rabaisser encore mieux : tu es une femme, enfin à leurs yeux une gamines, de surcroit une toxico donc quelqu'un qui a enfreins la loi et en plus tu es dépendante d'un produit. J'imagine qu'à leurs yeux, c'est le combo jackpot pour te traiter en inférieure totale, outre le fait qu'ils ne se sentent en effet plus pisser dans leur froc de "représenter l’autorité". Je n'ai jamais eu à faire à la police dans un cadre où j'aurais été dans l'illégalité, ni même dans la rue lors de manif ou d'un contrôle d'identité mais me connaissant, je n'aurais sincèrement pas pu retenir ma langue face à un ton sexiste, patriarcale, condescendant, force de police ou non.
    En fait, leur comportement à ton égard est quasi digne d'une milice, persuadée de son bon droit. Outre le langage à ton égard, la scène où tu es nue est aussi particulièrement choquante : ces gens là n'ont complètement plus d'empathie, d'humanisme, de respect à partir du moment où pour eux tu as enfreint la loi. Je pense qu'ils sont clairement dangereux parce qu'une société manquant d'empathie pour son prochain est à mon sens clairement dangereuse et justifierais alors les pires abus et dérives (on va rétablir la peine de mort, faire des lois liberticide et consort etc). Un petit plus cependant pour l'avocate qui a semblé un peu perdue mais à moins eu un geste envers toi que n'ont pas eu ces "forces de la loi". Tes deux articles à ce sujet m'éclaire sur une réalité que je ne côtoie pas et me confirme dans l'idée que ces gens représentent non plus des individus mais véritablement une classe de gens dangereux, agressif et violent pour la société avant tout.

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  3. Même remarque que la derniere fois : puisque le stockage des vidéos n'occupe plus des étages entiers, mais quelques gigaoctets sur un disque dur, pourquoi ces interrogatoires/perquisitions ne sont ils pas intégralement filmés et transmis à l'avocat de la défense ?

    Edit : tu devrais songer à migrer ton contenu, les captchas sont particulierement casse-burnes à décrypter.

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  4. Ces deux articles font mal putain :(
    (Je voudrais te faire plein de câlins... Et casser quelques gueules, aussi.)

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  5. Vraiment violent ton article :'( :'(
    Ne pas avoir le droit d'aller aux toilettes ou d'avoir de protections périodiques, mais c'est dingue quand même !
    Ou même d'avoir droit à un geôle à peu près propre...
    Et le médecin qui te laisse dans cet état... mais quel connard !

    Je trouve ça pas normal qu'on traite les toxicos en délinquant ou en criminel... Je pense qu'on devrait dépénaliser l'usage des drogues et seulement pénaliser la vente et la production.


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  6. Merci de ce témoignage, il est bon que ces manquements au droit ne soient pas tus.

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