lundi 28 octobre 2013

Prostitution : ces campagnes abolitionnistes qui sont à coté de la plaque et n'ont rien à envier à la Manif Pour tous...

IMPORTANT : Dans cet article, toutes les mentions des termes "prostitué(e)s" sont à démarquer de l'esclavage sexuel. Merci.

Bon, on va dire que décidément en ce moment, je m'acharne sur l'abolitionnisme, mais franchement c'est pas ma faute, c'est lui qui me cherche!

En effet, ces deux dernières semaines, j'ai eu vent de deux magnifiques campagnes que je pourrais résumer sous le terme de : connerie.
Connerie, connerie, connerie.
Oui, désolée, j'ai pas trouvé autre chose.
Et vu que je suis une meuf particulièrement sympa, j'ai décidé de ne pas faire ma rapia et de partager tout ça avec vous!

Coulons ensemble vers le fond... /// source : http://egalitariste.tumblr.com/page/141


Commençons donc avec cette vidéo dont nous a gratifié le collectif "LesJeunesPourL'Abolition".(Tiens tiens, étrangement, cette page n'existe plus aujourd'hui, 6 Octobre 2014...)
Le pitch est simple : on nous montre une jeune fille convoquée avec ses parents dans le bureau de sa proviseure. A la suite de son conseil de classe, la réorientation a été décidée, et on lui propose donc un "BEP service fellation". Les parents sont enjoués, le père complaisant et lubrique, la proviseure raide comme un manche, et au milieu la gamine vénère secoue un blanco par nervosité. Blanco qui finira par éclater sur la photo de la fille de la proviseure, mode éjac faciale métaphorique. Non non, je déconne pas.

Bref vous préviens, ça dure à peu près 7 minutes et c'est gros gros malaise à regarderVidéo JeunesPourL'Abolition

Ma réaction suite au visionnage... /// source : http://egalitariste.tumblr.com/page/145

Plusieurs choses au sujet de cette vidéo :

_Un procédé de fiction-réalité/anticipation malhonnête, car basé sur des fantasmes, pour un résultat proche de la manipulation :

La première et principale : Ce scénario se base sur du pur fantasme. Or le procédé est celui de la fiction-réalité/anticipation, une méthode (militante) classique qui consiste à peindre un monde ou un personnage dans l'optique où se produirait tel ou tel évènement. Ici donc, l'action se déroule dans un monde où la prostitution s'est normalisée au point que soit proposé des "BEP service fellation" dans les écoles.
Le problème, c'est que rien n'indique à l'heure actuelle que la France se dirige vers ce contexte. La France comme les autre pays du Monde d'ailleurs.
Certains évoqueront le cas de l'équivalent Allemand du Pôle emploi, qui imposerait l'acceptation de job de prostituée aux chômeuses. Or, il s'agit tout bonnement d'un mythe. Si les maisons closes ont effectivement le droit de déposer des annonces au pôle emploi Allemand, celles ci connaissent en revanche une réglementation particulière et ne sont jamais imposées ni même proposées aux chômeuses. (L'histoire d'une jeune Allemande ayant reçu une proposition d'emploi en maison close avait éclaté il y a quelques mois, mais le pôle emploi a admis qu'il s'agissait d'une grosse et grave erreur de leur part...) Il s'agit en fait d'annonces vers lesquelles peuvent se tourner les personnes qui savent où les chercher, parce qu'elles connaissent leurs existences, parce qu'elles ont effectué des recherches dans ce sens, ou parce qu'elles sont déjà travailleuses du sexe.
De la même façon, en France, des annonces pôle emploi pour "hôtesses" en bar à champagne avait créé l'indignation il y a quelques jours. Mais là encore, il s'agit d'annonces réglementées, qui ne sont pas vouées à être imposées aux chômeuses.
Alors bon, on peut penser ce qu'on veut de l'existence de ces annonces. Il n'empêche qu'entre "annonces réglementées auxquelles on accède en connaissant le bon mot clé" et "annonces imposées aux chômeuses", il y a une énorme différence... 
Quant à la possibilité d'une école du travail sexuel, si certains balbutiement se sont déjà fait entendre ça et là dans le monde, ils sont tous retombés comme des soufflés (encore un autre exemple ici) par le biais d'interdictions des Etats. Quoiqu'il en soit, ces initiatives ne sauraient avoir des vocations publiques. 
Cela dit et pour l'anecdote, il y a eu en 1999 le cas de cette association Anversoise qui avait ouvert une vraie fausse école de prostitution : l'initiative avait fortement déplut aux proxénètes, pas du tout arrangés que l'accès à la maîtrise de la langue, aux soins, aux droits, aux méthodes de self défense, à l'empowerment en général finalement, se trouve facilité. La démarche avait duré un mois, durant lequel l'association avait dénoncé l'hypocrisie de la loi Belge et revendiqué divers accès aux droits et aux facilités de réunion/communication pour les travailleu(r)ses du sexe.

_ Un rouage rhétorique qui n'a rien à envier à la Manif Pour tous...

Le sens précis et la réalité visée  par la démarche et le scénario de la vidéo ne sont pas explicités. Comme c'est d'ailleurs très souvent le cas avec les campagnes abolitionnistes, on n'explique pas, on ne développe pas, on est en fait censé voir la lumière durant le visionnage, à la suite de quoi, terrorisé, choqué et gonflé à bloc par ce qu'on vient de voir, l'abolitionnisme se présente comme seul salut possible.
D'une grande honnêteté, le coup de faire flipper les gens pour ensuite les faire adhérer à un corpus d'idées...
Suite à mon visionnage, j'ai immédiatement eu souvenance d'un rouage rhétorique bien connu de la Manif Pour Tous. Vous avez certainement déjà entendu leurs militants dire ou écrire "Dites moi Maman1 et Maman2, comment je suis né?" ou "Comment ça se fait que j'ai deux mamans/papas, à l'école ils ont dit qu'on ne pouvait pas naître comme ça?"
(Ha, la jeunesse, les enfants, la corde sensible qui marche à tous les coups!)
Dans le cas de la Manif Pour Tous, le procédé de fiction d'anticipation était mensonger car jamais il n'a été question de parler de "papa/maman 1/2" sur les livrets de famille. Il est en fait question de "parent 1/2". Et notons bien qu'en plus, à l'heure actuelle, la PMA n'est même pas autorisée pour les couples lesbiens, et la GPA interdite pour tout le monde.
Cette rhétorique se retrouve parfaitement dans la vidéo des JeunesPourL'Abolition: Un enfant désemparé dans un monde où la prostitution s'est ultra normalisée/banalisée au point qu'elle soit enseignée dans les écoles, conséquences, on suppose, de l'adoption d'une législation réglementariste. On retrouve aussi le truc des adultes qui semblent avoir perdu la raison, laissant aux enfants un monde décadent dans la plus totale absurdité. Et tout ça donc, sur la base de... rien. Enfin si, la base de fantasmes. 
Et dans les deux cas, ce besoin de foutre la trouille et d'aller gratter dans les peurs les plus profondes pour pouvoir convaincre...

_ Des contre- arguments niveau café du commerce : au raz des pâquerettes, c'est pas difficile d'avoir l'air plus grand...

Les argument énoncés par la proviseure sont des classiques réglementaristes, mais version café du commerce. (Non pas que les classiques réglementaristes plus développés soient foncièrement hyper convaincants, mais c'est déjà autre chose quoi...)
Pour commencer, le petit tacle "travailleur(se)s du sexe". Il est courant de retrouver, dans la rhétorique abolitionniste, la condamnation de ce terme, car il poserait la prostitution comme un métier alors que ça n'en est pas un.
Peu importe que les putes subissent en permanence dénigrements et négations des difficultés de leur boulot, peu importe la lourdeur du stigma "argent facile", "c'est juste écarter les jambes", "argent gagné à rien foutre" etc. Vouloir souligner que se prostituer demande du travail, c'est mal, c'est la base de la normalisation de la prostitution, et nous autres qui sommes de sales égoistes à vouloir valoriser un tant soit peu notre expérience, entre autre dans l'optique de ne plus avoir à laisser un trou béant dans nos CVs pour pouvoir peut être se réclamer de certaines compétences dans le cadre d'une reconversion, entre autre pour que les putes qui n'ont à ce jour aucune portes de sortie (parce que c'est pas avec des actions du genre "pénalisation des clients" que la prostitution va être abolie et que ces personnes trouveront une solution hein... Nan enfin je le dis au cas où...) -du fait de leur age par exemple-, puissent travailler et vivre sans fierté ni honte, entre autre pour que les putes entrées en prostitution après un accident de la vie puissent avoir une chance de sortir de ce schéma qui les voue à la haine et au dégoût d'elles mêmes (comme si les traumatismes personnels éventuellement rencontrés durant leur expérience prostitutionnelle ne suffisaient pas...) et rebondir, et bien en fait, nous sommes à la base de la déconfiture, oui oui. Vlà pas qu'on pourrait se mettre à demander un reconnaissance sociale et du respect! Faudrait quand même voir à rester à nos places aussi quoi.
Ensuite, tout y passe : Evidemment, dans le scénario, les maisons closes sont de nouveau autorisées et ouvertes, une revendication qu'on entend principalement... dans la bouche des gens qui ne connaissent rien à l'univers prostitutionnel. La réouverture des maisons closes ne fait PAS partie des principales revendications des travailleuse(r)s du sexe, qu'ils soient militant(e)s ou non, affilié(e)s au STRASS ou non, impliqué(e)s dans la vie politique ou non. L'affirmer et se baser là dessus pour déconstruire les discours non-abolitionnistes, quels qu'ils soient, revient à déformer leurs revendications et à se vautrer dans le fantasme, encore. 
La proviseure, qui incarne tout ce qu'il y a d'apathique et d'absurde, égraine ainsi divers poncifs qui n'existent nul part si ce n'est dans l'esprit des gens qui ne sont pas impliqués dans les luttes du travail du sexe. Elle apparaît profondément cynique, mais comment pourrait- il en être autrement puisqu'un point d'honneur a été mis à lui faire dire des platitudes de café du commerce?
Enfin je sais pas, personnellement, si je devais diriger une campagne demain, je prendrais soin de m'opposer à des arguments que je considère comme un minimum percutants, histoire de convaincre sur une vraie base et non sur un procédé douteux, qui plus rendrait ma campagne démontable en deux minutes...

_Omettre une partie de la réalité, ça passe toujours mieux...

La proviseure ironise sur l'amalgame "stratégies de survies"/"méthodes de travail", citant tour à tour toutes sortes de choses sordides (le "classique" de l'éjaculation faciale, "ne pas porter de longs colliers pour éviter la strangulation", "garder ses mains sur les parties pour garder une prise sur un endroit sensible en cas de pépin", etc) comme si elles étaient normales.
Or, si effectivement, une partie des "méthodes de travail" des putes s'apparentent à de la stratégie de survie, d'une part, ce n'est pas propre aux putes, (ma mère qui est actuellement précaire parmi les précaires, accepte toutes sortes de boulots à la con, tels que des jobs d'enquête où elle doit se pointer chez de parfaits inconnus le soir en tant que femme seule. Est ce que le fait qu'elle prenne garde à porter des chaussures avec lesquelles elle peut détaler vite fait ou qu'elle évite les bijoux à agripper rendent pour autant son travail non qualifiable comme tel? Et quid des masseuse(r)s, esthéticien(ne)s, décorat(eur)rices, femmes/hommes de ménage, aides divers(e)s à domicile ou en cabinet?) et d'une autre, ce n'est aucunement le seul aspect notable.
Mais bon, évidemment, la vidéo se déroule dans le contexte le plus sordide possible pour ne laisser aucune possibilité de nuances. Du coup, il n'est aucunement question de tout ce qui concerne le volet marketing en ligne, gestion des clients, des mails/appels, du temps, enfin bon d'un tas de choses qui font aussi partie de la vie d'un(e) prostitué(e).
Attention, il n'est pas question de déduire que l'existence d'aspects qui ne sont pas de l'ordre de la stratégie de survie font de la prostitution un travail facile et génial. Si des abolitionnistes interprétaient le fait que je rétablisse et complète un minimum la vérité qu'ils présentent dans ce but là, cela ne ferait que démontrer leur manichéisme. Seulement, j'estime qu'il n'est pas honnête de mentir (clairement ou par omission) sur les réalités que recouvrent le travail d'un(e) prostitué(e) pour tirer sur les cordes sensibles dans le but de convaincre. Et surtout, ce n'est pas nécessaire. La particularité sexuelle de la prostitution est bien suffisante pour argumenter à propos de la nécessité de lutter contre ses causes. Seulement, le faire sans mensonges, sans fantasmes, sans manipulations, sans omissions et sans dramatisations (au sens premier du terme) se trouve être un biais bien moins oppressant, humiliant et stigmatisant pour les travailleu(r)ses du sexe. Alors oui, je sais, traditionnellement chez les collectifs abolitionnistes, ce point de vue là, on s'en fout.
Ainsi se trouve tourner à la dérision et au cynisme le plus complet le fait d'arguer qu'il soit nécessaire de donner aux putes la possibilité de communiquer pour se transmettre leurs méthodes diverses et de les faire circuler sur divers supports. (Ce qui est déjà plus simple lorsqu'on est pas criminalisées)
Alors que c'est juste primordialissime.

_ L'amalgame bien facile et pratique...

Comme toujours, l'amalgame est fait entre "prostitué(e)" et "esclave sexuel(le)", ce qui est contre productif à bien des égards.

_ Un biais qui aurait pu être creusé pour devenir pertinent, mais en fait non...

A un moment, la vidéo prend une tournure qui aurait pu être intéressante. Mais grand soin a été prit de ne surtout pas l'exploiter : La proviseure et les parents enchaînent tour à tour divers argument ultra libéraux, laissant l'ado pantoise.
Et il est là le nerf de la guerre.
Quoi? Vous voulez dire qu'à un moment, le doigts a été mis sur quelque chose de réel et de pertinent dans ce chef d'oeuvre? Oula vite, il faut réparer cette erreur et soigneusement éviter de développer le truc!
Et finalement, ce qui semble ressortir de l'opinion abolitionniste, c'est que la rhétorique ultra libérale, ça passe pour tout, SAUF pour la prostitution.
Alors que bon, les "ha bah c'est comme ça maintenant", "Oui, c'est pas ce que tu voulais mais à l'heure actuelle on ne peut plus faire la fine bouche", toutes ces injonctions à devenir un bon produit fortement demandé sur les marchés, c'est AUSSI puant affilié à d'autres domaines que la prostitution.
Ce qui est déplorable, ce n'est pas que des gens parfaitement désinformés sur le travail sexuel accolent ces injonctions à la prostitution comme si c'était un travail sans particularités spécifiques qui demandent de nombreuses précautions, ce qui est déplorable, c'est qu'on utilise ces injonctions de toutes façons, point barre. C'est le fait qu'elles existent et soient validées en amont qui rend possible leur accolement au cas de la prostitution, et qui nécessite donc une déconstruction, comme ça en plus, ça profitera à tout le monde...


Ainsi cette campagne des "JeunesPourL'Abolition" se vautre t-elle dans la facilité, le ridicule et la rhétorique "Manif pour tous", tout en passant complètement à coté des problématiques prostitutionnelles.
Car ce que cette vidéo ne dit pas, ne montre pas et ne dénonce pas, c'est la réalité dans tout ce qu'elle a de plus concret.
En effet, nul besoin d'une proviseure revêche et de parents complètements cons pour qu'une femme/un homme entre en prostitution.
La pauvreté, les misères, la précarité, les systèmes de dominations et les violences/traumatismes qu'ils engendrent, le capitalo-libéralisme, les divers abandons de l'Etat et les situations de monopoles des richesses et pouvoirs s'occupent déjà très bien de jeter les gens dedans.
Les Etats se draperont toujours derrière une posture de lutte contre la prostitution, bien qu'à travers divers biais. Certains opteront pour une législation réglementariste, arguant qu'ainsi, ils peuvent au moins contrôler les choses, d'autres opteront pour une législation abolitionniste, arguant qu'ainsi, ils posent au moins ne serait ce que des bases théoriques contre la marchandisation des consentements sexuels.
Mais pour l'heure, aucun ne semble décidé à une régularisation massive des sans papiers, qui agirait pourtant directement sur la vie de milliers de prostitué(e)s, mais aussi d'esclaves sexuelles. Aucun ne semble décidé à l'instauration d'une revenu universel, qui mettrait pourtant fin à des milliers de situations d'abandons, de prise à la gorge, de désespoir, de pauvreté, de précarité et de misère, et ainsi directement, mettrait fin à des milliers de recours à la prostitution. 

Voila exactement pourquoi le scénario de cette vidéo passe complètement à coté de l'essentiel. Parce qu'il est improbable, et que de fait, il ne dérange rien. 
D'ailleurs, que propose actuellement le collectif "LesJeunesPourL'Abolition" pour agir contre les CAUSES de la prostitution? Et bien en fait, rien. Toute leur énergie se monopolise actuellement sur la pénalisation des clients, ce qui n'est donc qu'un effet. (En plus d'être une loi criminalisante et dangereuse)
Et j'avoue que je commence à avoir de plus en plus envie de vomir quand je lis des "mobilisons nous pour l'abolition de la prostitution!" et qu'en parallèle, la seule action soutenue soit de pénaliser les clients. Le truc qui va trop permettre aux personnes prostituées de sortir de leur situation quoi, ouahou, abolition à fond la caisse!
On aurait pu penser que pour abolir la prostitution, il aurait été plus judicieux de redistribuer les subventions de l'Etat et les cotisations des adhérents des associations aux putes, mais apparemment, s'en servir pour monter des films ridicules qui passent à coté de l'essentiel c'est mieux.

Mention spéciale aux nombreux médias qui ont relayé la campagne : Le FigaroLe Nouvel ObsMidi Libre, ou encore Madmoizelle (qui semble mettre à point d'honneur à relayer toutes les campagnes les plus foireuses des abolos depuis quelques temps...), et qui se vautrent tous dans... Bah éxactement ce que je dénonce, avec le mot "choc" qui revient en permanence, et une mise en perspective zéro du contenu avec la réalité (vous imaginez, ça aurait demandé un travail journalistique, faut pas déconner quand même, on relaie les dossiers de presse en les recopiant et puis c'est marre quoi...)
Et en prime, ce commentaire qui illustre parfaitement tous les problèmes que j'ai énoncé plus haut :
Pour le mec, ça y est, on tend déjà vers ça à toutes jambes, et puis en Allemagne blablabla hein, et... Ho god...



Passons maintenant, et (beaucoup) plus brièvement par contre, sur cette campagne lancée par le conseil général de l' Essonne, dont l'essentiel consistera à placarder ceci...



sur les abribus...

Comme on peut le voir en bas de l'affiche, "l'Essonne dit NON" et s'engage contre la prostitution. Comment? En mobilisant des moyens financiers pour créer, développer et placarder de grandes affiches, au lieu de proposer une subvention aux putes et esclaves sexuelles pour qu'elles puissent cesser, ou tout du moins fortement restreindre (parce que bon, si c'est une subvention à hauteur du RSA, voila hein...) leur activité ou trouver une porte de sortie à leur enfer.
A ce titre, le conseil régional de l'Essonne aurait aussi pu entreprendre une régularisation des putes sans papiers.

Comme me le faisait remarquer une twitta, ce procédé n'est pas sans rappeler celui des, par exemple, compagnies de transport qui déploient des moyens énormes pour placarder des affiches qui stigmatisent la fraude, au lieu de les mobiliser pour... baisser le prix des billets et/ou proposer de vraies alternatives aux pauvres et précaires...

Par ailleurs, le message est quand même des plus WTF. Je veux dire, moi, si j'avais la possibilité de m'exprimer sur tous les abribus en tant que pute en vous disant que je suis madame tout le monde, j'aurais envie de vous dire autre chose que "et vous croyez que ça me fait plaisir?", comme si c'était de votre faute personnellement.
Non.
J'aurais envie de vous dire "Et vous savez pourquoi c'est possible? Parce qu'une petite bande de connards confisquent les richesses au lieu de les redistribuer égalitairement. Parce qu'on vit dans un monde libéral où il n'existe aucun recours d'urgence rapide et efficace quand on est prit à la gorge. Parce que le Nord écrase, pille et bousille le Sud, et que du coup, les gens du Sud sont prêts à tout, même à l'asservissement sexuel, pour se réfugier dans le Nord. Parce qu'on vit dans un monde classiste, sexiste, raciste, toxicophobe, LGBT-phobe, j'en passe et d'autres."

Et surement plein d'autres choses, d'ailleurs c'est pour ça que j'ai ouvert un blog.

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A lire aussi (avec encore d'autres arguments pertinents), le ticket de métro d'Ovidie sur le sujet : http://www.metronews.fr/blog/ovidie/2013/10/28/la-video-des-jeunes-pour-labolition-de-la-prostitution-qui-cree-le-malaise/

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