dimanche 31 mars 2013

La Première Nuit Dehors

*Aujourd'hui, 1er Avril 2013, ce n'est pas uniquement le Lundi de Paques et le jour des calembours. C'est aussi et surtout le jour de la fin de la trève hivernale, qui sonne ainsi la reprise des expulsions. Etrange concept que d'estimer qu'il est des périodes plus propices que d'autres pour se retrouver à la rue.


La Première Nuit Dehors

C'était la première nuit où vraiment, je ne savais pas ni quoi faire, ni où aller.
Il y avait bien Laura, chez qui j'avais passé une grande partie de mes nuits depuis que j'étais à la rue, mais justement, ça commençait vraiment à me mettre mal à l'aise. Elle était pas chiante Laura, ça non. Elle m'avait toujours dit que je pouvais compter sur elle, qu'elle ne pouvait de toute façon pas me laisser "comme ça", elle me demandait pas de me justifier, "est ce que tu te drogues encore", "t'es sûre que ce serait si terrible que ça le sevrage en hôpital?", elle faisait pas chier avec ces trucs là.
Mais bon je voyais bien, je sentais, elle avait pas signé pour se retrouver avec une toxico mineure en fugue clouée chez elle jusqu'à cinq soirs par semaine, et la grandeur d'âme a ses limites. Surtout que j'avais rien à lui donner en échange.
Depuis un moment, ses "Mais t'as une idée de comment tu vas te débrouiller pour la suite" m'apparaissaient de moins en moins bienveillants et de plus en plus chargés de sous entendus. C'est à dire, non seulement je représentais une charge supplémentaire, mais en plus, je lui faisais prendre des risques. Alors bon, je ne lui en voulais pas vraiment de perdre un peu de sa bienveillance à toute épreuve. Quoi que peut être un peu, par moments.
De toute façon, quand t'es là, enfermée dehors, à te sentir trop comme une pauvre conne, t'en veux un peu à tout le monde. Parfois, j'avais envie de bondir sur les gens de cet éternel centre ville où j'étais la plupart du temps condamnée à me cacher pour attendre le rien, juste histoire de leur cracher toutes mes emmerdes à la gueule comme ça, une bonne fois. Je suis malade, recherchée par la police, je n'ai nulle part où me poser, ni le jour, ni la nuit, j'ai pas une thune, j'ai faim, j'ai froid, et j'ai plus de parents.
Parfois j'étais tellement aigrie de voir ces gens rentrer dans des boutiques et ressortir les bras chargés, aigrie de voir ces gens qui savaient où aller, quoi faire, où rentrer, qui étaient attendus, mais pour des trucs biens, pas pour être attrapés et enfermés de force. Mais bien sur cette colère n'était pas audible ou convenable. "Tu n'envieras point ton prochain" même si tu n'as rien, que tu as peur de la souffrance et de la mort en permanence à cause de ça, et que le spectacle de ton prochain qui a plus que toi se déroule juste là, à coté de toi. Ne fais pas de bruit, pas d'esbrouffe, si t'en es là en plus, c'est surement pas pour rien.

Quand tu te retrouves à la rue, les premiers jours, tout le monde te tend la main. Une nuit par ci, une nuit par là, t'es comme un pote qu'on invite pour la soirée, finalement ça ne change pas grand chose pour ton hôte. Tout le monde te demandes "Comment tu vas faire pour la suite?", et tu sens bien que "je ne sais pas" n'est pas une réponse acceptable. Quand tu prononces ces mots c'est gros malaise, ha tu veux dire, c'est vraiment la merde là, c'est pas du tout bonne ambiance ton histoire?
Et puis ensuite les ennuis commencent à s'accumuler. Pour moi y'a eu le problème des flics. Au bout d'une semaine ma mère était allée choper des copines à la sortie du lycée, "J'vous préviens, j'ai prévenu la police maintenant, vous avez intérêt à prévenir Salomée qu'elle doit rentrer, et tout de suite! Je sais que vous savez où elle est!". Bien sur elle avait aussi téléphoner à plein de parents, qui bien sur s'étaient tout de suite sentis très investis par la mission de me balancer si jamais je devais apparaître chez eux un de ces soirs. Finalement j'avais plutôt eu du bol que ce process ne s'enclenche pas plus vite. Par la suite ma mère m'expliquera qu'elle et mon père avaient sincèrement cru que j'allais revenir quelques jours après mon départ, genre grosse prise de conscience, air penaud et bras grands ouverts vers la servitude volontaire, et que c'était pour cette raison qu'ils n'avaient pas lancé le branle bat de combat tout de suite.
Alors forcément dans ces conditions là, les possibilités de potes chez qui squatter de temps en temps se sont radicalement réduites. J'avais mes copines les plus proches qui pensaient à moi dès que leurs parents étaient absents pour une nuit, mais c'était pas souvent, j' avais Laura, qui avait un studio et que mes parents ne connaissaient pas, et puis, je l'apprendrais par la suite, j'avais les rencontres du hasard.

En tout cas ce jour là, le temps était passé comme un éclair, et aucune perspective ne s'était dessinée pour moi. Arrivée à la fin de la journée, j'avais été envahit d'une peur terrible. Qu' est ce que j'allais faire? Fallait que je trouve un truc, je ne pouvais pas rester dehors toute une nuit comme ça, j'allais pas y survivre, j'allais forcément me faire agresser, ou me faire arrêter par les flics, et puis il faisait juste beaucoup trop froid.
Et si je demandais de l'aide à un(e) inconnu(e)? Mais comment être sûre de ne pas tomber sur un fou(lle) furieu(se)x? Ou bien de ne pas tomber sur quelqu'un de tellement trop bienveillant qu'il allait finir par appeler les flics?
La panique, soit ça écrase les pensées dans un immense chaos, soit ça donne au contraire un miraculeux coup de clairvoyance. Ben pour ce soir, c' était la carte chaos absolu, y'avait pas à dire.
Une fois le gros du coup de pression descendu, j'avais pas eu les idées plus claires, mais tout de même un comme un élan de pragmatisme. Acheter à boire avant que ça ferme, au moins pour tenir, et aussi pour soulager.

Devant le magasin dans lequel j'avais prévu de dépenser une partie de mes quatre euros et quelques dans une bouteille de blanc dévissable et une bière forte, j'avais croisé une bande de ponks que je je commençais à bien connaître à force de zoner. J'aimais pas trop trainer dehors avec eux parce qu'ils étaient de vrais aimants à condés. Parfois j'avais été conviée à me poser un peu dans leur squat, mais il n'y avait que des mecs dans le groupe, alors je repartais toujours dormir ailleurs.
On avait alors échangé quelques mots, surtout rapport à la défonce, l'un d'eux avait du speed, un autre de l'héro et des cachetons, et ils devaient voir un type pour de la coke dès qu'ils auraient récupéré assez de thunes à la manche.
J'avais décidé de rester avec eux, bien que très nerveuse à l'idée d'être reconnue ou contrôlée, et puis au bout d'une heure, miracle, on était partis au squat, enfin un endroit où se poser un peu, quelques heures, c'était déjà ça.

La squat était un vieil et immense immeuble, les types qui y vivaient n'avaient pas encore réussi à mettre l'électricité, du coup ils restaient tous dans une seule pièce pour essayer de profiter de la chaleur des uns des autres. Des matelas par terre, des couvertures, des bougies, une petite table "rouleau de fils de chantier" avec des cendriers et du matos à défonce, quelques paquets de gâteaux. Ambiance à la fois glauque et réconfortante, juste le soulagement d'être à l'abri des regards, d'être un peu tranquille, d'être juste... posée.
On avait passé la soirée à se défoncer et à parler de choses et d'autres. J'avais essayé d'en profiter autant que possible, mais mon angoisse et ma gorge serrée ne m'avaient pas quitté. Aussi puissantes peuvent être les montées et les mélanges came-alcool-cachetons, y'a des trucs qui restent, tu peux rien y faire, c'est là et ça te colle aux tripes. En l'occurrence ne pas savoir où aller dormir, c'était de ce genre.
Et puis les mots s'étaient fait de plus en plus hasardeux, les mecs s' étaient montrés de plus en plus lourds, ho c'était pas insupportable non plus,juste quelques rappels bien sentis que j'étais une meuf défoncée au milieu d'une bande de mecs défoncés, hahaha mais dis donc, c'est qu'il pourrait s'en passer des choses et que j'avais vraiment pas froid aux yeux!

L'inquiétude, et la peur. Rester c'était s'engager. Une femme ne se fait pas inviter à dormir par une bande de mecs impunément n'est ce pas? Une femme ne se met pas déquerre avec une bande de mecs sans savoir que "ça envoie des signaux" non plus. Et d'ailleurs... Allaient ils me laisser partir? Et si j'avais déjà trop abusé? Fallait que je me lance.
_" Hum... Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais je vais y aller...
_ Ha tu rentres quelque part? Tu sais où aller au moins gamine?
_ Ouais ouais ouais, j'ai les clés de chez une pote, faut qu'j'y aille parce que si je rentre pas elle s'inquiète après...
_ Ben ok... Tu sais tu peux rester, on va pas te violer! *rires communs*
_ Haha nan mais attendez je sais hein! Haha! Nan nan mais sérieux aucun rapport, c'est juste par respect pour ma pote voyez...
_ Nan mais d'façon t'as raison, si tu peux aller ailleurs fais le, tu vois pas comme on s'les gèle ici!
_ Ouais je sais... Hum. Bon bah... Allez hein!"

Une fois dehors, mon énorme sac me sciant l'épaule, épuisée et arrachée, j'avais été électrisée par le froid qui m'était tombée dessus d'un coup.Y'avait pas de chauffage dans le squat, mais on était à l'abri du vent, y'avait des couvertures, des bougies et notre chaleur à tous.
C'était 2 degrés. 2 degrés, c'est pas encore négatif, alors ça ne sonne pas impressionnant, mais c'est complètement glacial, surtout avec du vent.
L' hésitation, quelques secondes. Et si j'y retournais en disant que je ne retrouve plus les clés de chez ma copine? Il était deux heures et quelques du matin, je pouvais dire que je ne voulais pas la réveiller.
Et puis finalement la peur l'a emporté.
Flipper des flics en patrouille. Se tenir malgré la foncedée. Marcher vers la gare. Vers où d'autre de toute façon? La gare quand tu zones c'est comme un réflexe. Ca reste ouvert tard, il y a des toilettes, des gens, des cabines téléphoniques.


Finalement arrivée, je m'étais arrêtée dans un petit recoin abrité du vent qui avait l'avantage d'être facile à fuir si un quelconque danger devait se profiler. Posée sur mon sac, crispée par le froid, il y avait encore trois heures à attendre avant l'ouverture de la gare. Trois heures, ça sonnait juste comme l'éternité.
Depuis toute petite, un truc m'avait toujours foutu une trouille terrible : le fait de me retrouver coincée avec rien à faire pour passer le temps. C' était une question qui me taraudait, je demandais régulièrement à ma mère, "ils font quoi les gens en prison du coup?", "à quoi ils pensent pendant toute la nuit les SDF?", et ses réponses ne me satisfaisaient jamais. Parce qu'il n'y avait pas d'autres réponses que celle que j'avais déjà très bien deviné toute seule : Rien. Ils ne font rien, les gens. Ils attendent et ils sentent le temps les oppresser comme tout le reste.
J'ai longtemps gardé cette propension à imaginer que les réponses trop dures à certaines de mes questions ne devaient pas être les bonnes, longtemps cultivé l'idée qu'il y avait un genre de "truc", des astuces pour contourner ci ou ça. Et puis au fur et à mesure des évènements et du temps j'ai bien été obligée d'admettre que ce n'était pas le cas. Y'avait pas de trucs, y'avait juste la vie, brute et sans échappatoire, dans ses bons comme dans ses mauvais instants.

J'avais gardé ma bière forte pour moi, prévoyant que j'allais me retrouver dans cette situation miteuse. Ces gens qui revendiquent de ne pas donner de monnaie aux clodos "pour ne pas qu'ils achètent de l'alcool", j'aimerais bien voir comment ils se dépatouilleraient si ils se retrouvaient enfermés toute une nuit dehors à 2 degrés. Se défoncer, c'est une des seules alternatives pour supporter un truc pareil.
En tout cas, c'est ce qui m'a permis de réussir à comater un peu. Ce n'était pas reposant, pas agréable non plus, mais ça avait un énorme avantage, celui de donner le sentiment que le temps passait vite.
Et puis soudain, je m'étais souvenue qu'il me restait quelques centimes dans ma poche. Quatre vingts dix centimes éxactement. A 30 centimes le quart d'heure dans les toilettes publiques, ça me faisait trois passages, soit trois quarts d'heure à l'abri.
Sur le moment, cette perspective m'avait presque réchauffé le coeur. Et sans plus attendre, je m'étais dirigée vers les toilettes qui se trouvait à quelques dizaines de mètres.

Lumière blafarde, miroir rayé et odeur d' égouts, même pas un mètre carré de surface et presque aussi froid que dehors, mais pourtant un vrai soulagement, petit instant de répit où je ne me sentais plus totalement vulnérable et à la merci de n'importe quel évènement.
Soulagement aussi, de trouver un abri pour me faire une trace d'héro.
Soulagement de courte durée face au constat que j'avais un peu trop forcé sur le dose dans la soirée. Demain j'allais absolument devoir trouver un moyen de pécho, ce qui laissait présager des heures de manche dans un état pas très engageant.
Mais de toute façon demain c'était une perspective lointaine à ce moment là.
Et puis, après le soulagement, c'est finalement une immense tristesse qui m'avait gagné.
Moi voir là, en train de guetter les minutes de répit que me laissaient de dégueulasses chiottes publiques comme si c'était un trésor, complètement gelée, et surtout complètement seule... Fallait que je l'admette : j'étais carrément à la rue, et ça commençait d'ailleurs à se voir de plus en plus. Je n'avais pas la moindre idée de "la suite", cette foutue putain de suite que tout le monde me renvoyait à la gueule sans arrêt, j'avais la trouille, et je me sentais juste totalement abandonnée.


C'était comme si personne ne savait que j'existais. Personne ne savait ce que je vivais. Je voulais éviter que mon désespoir se sache trop, complètement flippée par cet enfer pavée de bonnes intentions qu'était la bienveillance des gens. Ne pouvoir faire confiance à personne de mon ancienne vie. Devoir me cacher sans arrêt. Etre comme une fugitive alors que je n'avais rien fait. Dire que tout va bien pour ne jamais montrer sa vulnérabilité. Raconter des histoires de carte de bus oubliée pour faire la manche, comme pour ne pas m'avouer à moi même que j'étais une clocharde, pour de vrai.
Le silence assourdissant de la ville qui dort au chaud dans un lit. L'idée que personne au monde ne puisse imaginer une situation tellement absurde, compter son temps pour profiter d'un chiotte public pour pas rester comme une crevarde dehors.
La honte, et la tristesse.
J'allais devoir agir, trouver des solutions. Ca demanderait surement de se mouiller plus, beaucoup plus. Mais fallait bien que je finisse par l'intégrer : J'étais vraiment seule, vraiment à la rue, et je n'avais que moi même sur qui vraiment compter.

Le ballet entre toilettes timée et impasse cradingue a continué le reste de la nuit, enfin jusqu' à l'ouverture de la gare plutôt. Un long moment à comater sur un banc, inquiétude au ventre d'être contrôlée -comme d'habitude- et puis peu à peu la ville qui s'était mise à se réveiller.
Et bien voila. La nuit était passée.
Et maintenant, l'heure était venue d'attaquer la manche pour la journée.


dimanche 3 mars 2013

Ma semaine sur les Internets #2 (Avec du Féminisme, du RSA, de l'anarchie, du safe sex entre meufs et encore plein d'autres trucs dedans!)

Cette semaine, une revue dense et costaude, car il faut bien le dire : Il y a eu du lourd!

Social/RSA


MOUHAHA!

"Le parasite" de Tanxxx, un texte qui remet les idées en place et la colère là où il faut,
_ "Les RSAastes, ils font que de glander devant la télé toute la journée avec NOTRE argent!" Ho, really? Ici, le bulletin des impôts dans lequel on apprend (pas besoin de s'y aventurer, c'est sur les premiers mots de la première page) que c'est une taxe de 2% sur "les revenus du patrimoines" et "les produits de placement" qui finance le RSA. Autant dire que ça ne concerne pas grand monde, et que les concernés ne sont pas vraiment à plaindre...
Et c'est tout? Rien d'autre? Hé ben non, rien d' autre. Les riches sont vraiment riches, m'a t- on expliqué dernièrement face à mon air béat. Ben putain ouais hé, c'est vrai.
_ Le pire dans l' histoire? Au final, le budget est excédentaire à hauteur d'un milliard!
Mais attention hein, ça, c'est en se basant sur l'idée que TOUT le budget est distribué! En réalité, les non recours sont très importants, à hauteur de 5,3 milliards pour le RSA ou encore de 4,7 milliards pour les prestations familiales et logement!
Je n'ai pas fait le calcul (ce serait très facile, mais ça va trop me foutre les boules), mais en gros, ça fait vachement beaucoup de fric qui passe je n'sais où tous les ans...
Parce que pour autant, pas d'augmentation ou d'élargissement des critères d'accès à l'horizon, non en fait, on parle même d' être "prêt aux sacrifices" du genre baisse des allocation familiales...
Mort de rire...

Bonus : Le démantèlement de la (longue!) liste des idées fausses sur la solidarité par l'association ATDQuartMonde.

Drogues

Et un nouveau coup de poing dans le mythe du drogué qui a un "vice incontrôlable" et qui cherche à fuir le système, avec cet article du Blog des drogués heureux Rue89 au sujet des travailleurs qui consomment "pour tenir" et/ou "s'adapter"




Féminisme

Prenons la parole, prenons le pouvoir.
Ainsi se résume un peu mon état d'esprit vis à vis des violences sexistes.
Je sais combien c'est dur, déjà d'admettre qu'on a des choses à raconter, d'y croire, d'être sur qu'on ne ment pas, qu'on en rajoute pas, que c'est vraiment grave... L'idéologie dominante nous pousse sans cesse à en douter. Puis, si on a réussi à passer cette étape, on se confronte alors à la honte, la crainte, la peur. Suis je obscène? Impudique? Abject?
Vous rendez vous compte de ce que ça veut dire? Ce serait si commun, si souvent? Les hommes, nos hommes, si prompts à préciser à qui veut l'entendre que eux ne sont "surtout pas comme ça" seraient vraiment capable du pire, et ce sans signe distinctif particulier?
Voila ce que ça veut dire, et voila pourquoi on veut que ce soit inconfortable de parler.
Prenons la parole, prenons le pouvoir. Montrons l'évidence, qu'il devienne de moins en moins aisé de se cacher derrière des "cas particuliers" et des "malchances de la vie", derrière des "t'es tombée sur un connard" et des "C'est dingue ce que tu racontes, t'es sure que t'en rajoute pas un peu? Nan parce que tu sais, sous l'effet du choc..."
"Tu seras violée meuf", de La Marquise  /// "Le consentement" , de Stéphanie

L' égalité homme femme, nombreux sont ceux qui s'en réclament, qui déclarent en être absolument partisan.
Attention cela dit, faut pas exagérer et voir du sexisme partout hein!
Du coup, le sexisme n'est condamnable que lorsque ça se voit, que ça hurle à la caricature, que c'est hyper évident, comme le montre cet article du Huffington Post au sujet des publicités sexistes. (Plus ou moins en rapport, le "Lu, vu, entendu" de la semaine d' Acrimed, qui cause expression sexiste dans les médias et remplissage médiatique frôlant la manipulation... Très intéressant.)

Dans le genre "Je me positionne contre le sexisme surtout si ça ne fait rien trembler à l'ordre établit et que ça ne dérange pas mes privilèges", le percutant billet de la grande Dame Fanny au sujet de l'initiative "Mettez du rouge" prévue pour la journée de la femme le 8 Mars prochain. (Le truc propose de s'engager à agir si une femme subit des violences devant soi... Comme si c'était héroique et que ça méritait un cookie. QUAND MEME!)

Le problème n'est pas que je vois du sexisme partout, mais que toi tu n'en vois nulle part.

Comme le petit guide Garance dont j'ai parlé la semaine dernière, je considère ce manuel comme un indispensable. Sa lecture est réellement salvatrice, powerfull et pertinente. Bref, à se garder dans un coin et à relire régulièrement! ;)


Politique



J'ai remis la main sur ce petit guide de l'Anarchie très bien foutu, "Tous des poseurs de bombes?" (Le noir gazier)," à mettre entre toutes les mains pour donner envie d'aller plus loin et acquérir quelques bases sur la question!

Santé/Accès aux soins

De pus en plus alarmants sont les retours des soignants sur l'état et surtout la gestion des hopitaux en France.   A lire sur Rue89.



Sexualité/LGBT

La très talentueuse Just Spleen offre ici un superbe article sur le safe sex entre femmes... Un travail colossal et admirable qui mériterait nettement de devenir une référence!



Militantisme/Rhétorique/Vie quotidienne

Pour tous ceux qui pensent que "pfff, on peut plus rien dire!"... Et ceux qui en on marre de l'entendre! 

Antispécisme/Végétarisme

C'est dégueulasse et méchant de dire aux carnistes qu'ils tuent pour manger de la viande, vraiment?
Par la grandiose Dame Moustache qui a d'ailleurs ouvert un blog tout beau tout neuf sur l'égalitarisme : L'égalitarisme,c'est pas ce que vous croyez! C'est vachement mieux!


Internet

Une réflexion au sujet des élites qui décrivent internet comme le mal incarné... Jouissif! (Et intéressant!)


Enfin...

Le tweet de la semaine...
J'ai rit :D

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Sinon, rien de spécial à ajouter!
J'entame ma troisième semaine de végétarisme presque sans encombres (juste une envie de poulet que j'ai vite oublié!), ce qui me rend bien heureuse! 
Ha et je me suis fait un petit cadeau...!
Un rouge à lèvres edition Bourjois (10 euros...AHEM HUM HUM) teinte "fraise remix", absolument CANON (et non testé sur les zanimaux bien sur hein!)
Je révais d'un rouge de cette teinte depuis un bail, mais il n'y avait que les marques de luxe qui le proposait!

Le genre de trucs qui me met de bonne humeur pour entamer une nouvelle semaine! :D