lundi 28 octobre 2013

Prostitution : ces campagnes abolitionnistes qui sont à coté de la plaque et n'ont rien à envier à la Manif Pour tous...

IMPORTANT : Dans cet article, toutes les mentions des termes "prostitué(e)s" sont à démarquer de l'esclavage sexuel. Merci.

Bon, on va dire que décidément en ce moment, je m'acharne sur l'abolitionnisme, mais franchement c'est pas ma faute, c'est lui qui me cherche!

En effet, ces deux dernières semaines, j'ai eu vent de deux magnifiques campagnes que je pourrais résumer sous le terme de : connerie.
Connerie, connerie, connerie.
Oui, désolée, j'ai pas trouvé autre chose.
Et vu que je suis une meuf particulièrement sympa, j'ai décidé de ne pas faire ma rapia et de partager tout ça avec vous!

Coulons ensemble vers le fond... /// source : http://egalitariste.tumblr.com/page/141


Commençons donc avec cette vidéo dont nous a gratifié le collectif "LesJeunesPourL'Abolition".(Tiens tiens, étrangement, cette page n'existe plus aujourd'hui, 6 Octobre 2014...)
Le pitch est simple : on nous montre une jeune fille convoquée avec ses parents dans le bureau de sa proviseure. A la suite de son conseil de classe, la réorientation a été décidée, et on lui propose donc un "BEP service fellation". Les parents sont enjoués, le père complaisant et lubrique, la proviseure raide comme un manche, et au milieu la gamine vénère secoue un blanco par nervosité. Blanco qui finira par éclater sur la photo de la fille de la proviseure, mode éjac faciale métaphorique. Non non, je déconne pas.

Bref vous préviens, ça dure à peu près 7 minutes et c'est gros gros malaise à regarderVidéo JeunesPourL'Abolition

Ma réaction suite au visionnage... /// source : http://egalitariste.tumblr.com/page/145

Plusieurs choses au sujet de cette vidéo :

_Un procédé de fiction-réalité/anticipation malhonnête, car basé sur des fantasmes, pour un résultat proche de la manipulation :

La première et principale : Ce scénario se base sur du pur fantasme. Or le procédé est celui de la fiction-réalité/anticipation, une méthode (militante) classique qui consiste à peindre un monde ou un personnage dans l'optique où se produirait tel ou tel évènement. Ici donc, l'action se déroule dans un monde où la prostitution s'est normalisée au point que soit proposé des "BEP service fellation" dans les écoles.
Le problème, c'est que rien n'indique à l'heure actuelle que la France se dirige vers ce contexte. La France comme les autre pays du Monde d'ailleurs.
Certains évoqueront le cas de l'équivalent Allemand du Pôle emploi, qui imposerait l'acceptation de job de prostituée aux chômeuses. Or, il s'agit tout bonnement d'un mythe. Si les maisons closes ont effectivement le droit de déposer des annonces au pôle emploi Allemand, celles ci connaissent en revanche une réglementation particulière et ne sont jamais imposées ni même proposées aux chômeuses. (L'histoire d'une jeune Allemande ayant reçu une proposition d'emploi en maison close avait éclaté il y a quelques mois, mais le pôle emploi a admis qu'il s'agissait d'une grosse et grave erreur de leur part...) Il s'agit en fait d'annonces vers lesquelles peuvent se tourner les personnes qui savent où les chercher, parce qu'elles connaissent leurs existences, parce qu'elles ont effectué des recherches dans ce sens, ou parce qu'elles sont déjà travailleuses du sexe.
De la même façon, en France, des annonces pôle emploi pour "hôtesses" en bar à champagne avait créé l'indignation il y a quelques jours. Mais là encore, il s'agit d'annonces réglementées, qui ne sont pas vouées à être imposées aux chômeuses.
Alors bon, on peut penser ce qu'on veut de l'existence de ces annonces. Il n'empêche qu'entre "annonces réglementées auxquelles on accède en connaissant le bon mot clé" et "annonces imposées aux chômeuses", il y a une énorme différence... 
Quant à la possibilité d'une école du travail sexuel, si certains balbutiement se sont déjà fait entendre ça et là dans le monde, ils sont tous retombés comme des soufflés (encore un autre exemple ici) par le biais d'interdictions des Etats. Quoiqu'il en soit, ces initiatives ne sauraient avoir des vocations publiques. 
Cela dit et pour l'anecdote, il y a eu en 1999 le cas de cette association Anversoise qui avait ouvert une vraie fausse école de prostitution : l'initiative avait fortement déplut aux proxénètes, pas du tout arrangés que l'accès à la maîtrise de la langue, aux soins, aux droits, aux méthodes de self défense, à l'empowerment en général finalement, se trouve facilité. La démarche avait duré un mois, durant lequel l'association avait dénoncé l'hypocrisie de la loi Belge et revendiqué divers accès aux droits et aux facilités de réunion/communication pour les travailleu(r)ses du sexe.

_ Un rouage rhétorique qui n'a rien à envier à la Manif Pour tous...

Le sens précis et la réalité visée  par la démarche et le scénario de la vidéo ne sont pas explicités. Comme c'est d'ailleurs très souvent le cas avec les campagnes abolitionnistes, on n'explique pas, on ne développe pas, on est en fait censé voir la lumière durant le visionnage, à la suite de quoi, terrorisé, choqué et gonflé à bloc par ce qu'on vient de voir, l'abolitionnisme se présente comme seul salut possible.
D'une grande honnêteté, le coup de faire flipper les gens pour ensuite les faire adhérer à un corpus d'idées...
Suite à mon visionnage, j'ai immédiatement eu souvenance d'un rouage rhétorique bien connu de la Manif Pour Tous. Vous avez certainement déjà entendu leurs militants dire ou écrire "Dites moi Maman1 et Maman2, comment je suis né?" ou "Comment ça se fait que j'ai deux mamans/papas, à l'école ils ont dit qu'on ne pouvait pas naître comme ça?"
(Ha, la jeunesse, les enfants, la corde sensible qui marche à tous les coups!)
Dans le cas de la Manif Pour Tous, le procédé de fiction d'anticipation était mensonger car jamais il n'a été question de parler de "papa/maman 1/2" sur les livrets de famille. Il est en fait question de "parent 1/2". Et notons bien qu'en plus, à l'heure actuelle, la PMA n'est même pas autorisée pour les couples lesbiens, et la GPA interdite pour tout le monde.
Cette rhétorique se retrouve parfaitement dans la vidéo des JeunesPourL'Abolition: Un enfant désemparé dans un monde où la prostitution s'est ultra normalisée/banalisée au point qu'elle soit enseignée dans les écoles, conséquences, on suppose, de l'adoption d'une législation réglementariste. On retrouve aussi le truc des adultes qui semblent avoir perdu la raison, laissant aux enfants un monde décadent dans la plus totale absurdité. Et tout ça donc, sur la base de... rien. Enfin si, la base de fantasmes. 
Et dans les deux cas, ce besoin de foutre la trouille et d'aller gratter dans les peurs les plus profondes pour pouvoir convaincre...

_ Des contre- arguments niveau café du commerce : au raz des pâquerettes, c'est pas difficile d'avoir l'air plus grand...

Les argument énoncés par la proviseure sont des classiques réglementaristes, mais version café du commerce. (Non pas que les classiques réglementaristes plus développés soient foncièrement hyper convaincants, mais c'est déjà autre chose quoi...)
Pour commencer, le petit tacle "travailleur(se)s du sexe". Il est courant de retrouver, dans la rhétorique abolitionniste, la condamnation de ce terme, car il poserait la prostitution comme un métier alors que ça n'en est pas un.
Peu importe que les putes subissent en permanence dénigrements et négations des difficultés de leur boulot, peu importe la lourdeur du stigma "argent facile", "c'est juste écarter les jambes", "argent gagné à rien foutre" etc. Vouloir souligner que se prostituer demande du travail, c'est mal, c'est la base de la normalisation de la prostitution, et nous autres qui sommes de sales égoistes à vouloir valoriser un tant soit peu notre expérience, entre autre dans l'optique de ne plus avoir à laisser un trou béant dans nos CVs pour pouvoir peut être se réclamer de certaines compétences dans le cadre d'une reconversion, entre autre pour que les putes qui n'ont à ce jour aucune portes de sortie (parce que c'est pas avec des actions du genre "pénalisation des clients" que la prostitution va être abolie et que ces personnes trouveront une solution hein... Nan enfin je le dis au cas où...) -du fait de leur age par exemple-, puissent travailler et vivre sans fierté ni honte, entre autre pour que les putes entrées en prostitution après un accident de la vie puissent avoir une chance de sortir de ce schéma qui les voue à la haine et au dégoût d'elles mêmes (comme si les traumatismes personnels éventuellement rencontrés durant leur expérience prostitutionnelle ne suffisaient pas...) et rebondir, et bien en fait, nous sommes à la base de la déconfiture, oui oui. Vlà pas qu'on pourrait se mettre à demander un reconnaissance sociale et du respect! Faudrait quand même voir à rester à nos places aussi quoi.
Ensuite, tout y passe : Evidemment, dans le scénario, les maisons closes sont de nouveau autorisées et ouvertes, une revendication qu'on entend principalement... dans la bouche des gens qui ne connaissent rien à l'univers prostitutionnel. La réouverture des maisons closes ne fait PAS partie des principales revendications des travailleuse(r)s du sexe, qu'ils soient militant(e)s ou non, affilié(e)s au STRASS ou non, impliqué(e)s dans la vie politique ou non. L'affirmer et se baser là dessus pour déconstruire les discours non-abolitionnistes, quels qu'ils soient, revient à déformer leurs revendications et à se vautrer dans le fantasme, encore. 
La proviseure, qui incarne tout ce qu'il y a d'apathique et d'absurde, égraine ainsi divers poncifs qui n'existent nul part si ce n'est dans l'esprit des gens qui ne sont pas impliqués dans les luttes du travail du sexe. Elle apparaît profondément cynique, mais comment pourrait- il en être autrement puisqu'un point d'honneur a été mis à lui faire dire des platitudes de café du commerce?
Enfin je sais pas, personnellement, si je devais diriger une campagne demain, je prendrais soin de m'opposer à des arguments que je considère comme un minimum percutants, histoire de convaincre sur une vraie base et non sur un procédé douteux, qui plus rendrait ma campagne démontable en deux minutes...

_Omettre une partie de la réalité, ça passe toujours mieux...

La proviseure ironise sur l'amalgame "stratégies de survies"/"méthodes de travail", citant tour à tour toutes sortes de choses sordides (le "classique" de l'éjaculation faciale, "ne pas porter de longs colliers pour éviter la strangulation", "garder ses mains sur les parties pour garder une prise sur un endroit sensible en cas de pépin", etc) comme si elles étaient normales.
Or, si effectivement, une partie des "méthodes de travail" des putes s'apparentent à de la stratégie de survie, d'une part, ce n'est pas propre aux putes, (ma mère qui est actuellement précaire parmi les précaires, accepte toutes sortes de boulots à la con, tels que des jobs d'enquête où elle doit se pointer chez de parfaits inconnus le soir en tant que femme seule. Est ce que le fait qu'elle prenne garde à porter des chaussures avec lesquelles elle peut détaler vite fait ou qu'elle évite les bijoux à agripper rendent pour autant son travail non qualifiable comme tel? Et quid des masseuse(r)s, esthéticien(ne)s, décorat(eur)rices, femmes/hommes de ménage, aides divers(e)s à domicile ou en cabinet?) et d'une autre, ce n'est aucunement le seul aspect notable.
Mais bon, évidemment, la vidéo se déroule dans le contexte le plus sordide possible pour ne laisser aucune possibilité de nuances. Du coup, il n'est aucunement question de tout ce qui concerne le volet marketing en ligne, gestion des clients, des mails/appels, du temps, enfin bon d'un tas de choses qui font aussi partie de la vie d'un(e) prostitué(e).
Attention, il n'est pas question de déduire que l'existence d'aspects qui ne sont pas de l'ordre de la stratégie de survie font de la prostitution un travail facile et génial. Si des abolitionnistes interprétaient le fait que je rétablisse et complète un minimum la vérité qu'ils présentent dans ce but là, cela ne ferait que démontrer leur manichéisme. Seulement, j'estime qu'il n'est pas honnête de mentir (clairement ou par omission) sur les réalités que recouvrent le travail d'un(e) prostitué(e) pour tirer sur les cordes sensibles dans le but de convaincre. Et surtout, ce n'est pas nécessaire. La particularité sexuelle de la prostitution est bien suffisante pour argumenter à propos de la nécessité de lutter contre ses causes. Seulement, le faire sans mensonges, sans fantasmes, sans manipulations, sans omissions et sans dramatisations (au sens premier du terme) se trouve être un biais bien moins oppressant, humiliant et stigmatisant pour les travailleu(r)ses du sexe. Alors oui, je sais, traditionnellement chez les collectifs abolitionnistes, ce point de vue là, on s'en fout.
Ainsi se trouve tourner à la dérision et au cynisme le plus complet le fait d'arguer qu'il soit nécessaire de donner aux putes la possibilité de communiquer pour se transmettre leurs méthodes diverses et de les faire circuler sur divers supports. (Ce qui est déjà plus simple lorsqu'on est pas criminalisées)
Alors que c'est juste primordialissime.

_ L'amalgame bien facile et pratique...

Comme toujours, l'amalgame est fait entre "prostitué(e)" et "esclave sexuel(le)", ce qui est contre productif à bien des égards.

_ Un biais qui aurait pu être creusé pour devenir pertinent, mais en fait non...

A un moment, la vidéo prend une tournure qui aurait pu être intéressante. Mais grand soin a été prit de ne surtout pas l'exploiter : La proviseure et les parents enchaînent tour à tour divers argument ultra libéraux, laissant l'ado pantoise.
Et il est là le nerf de la guerre.
Quoi? Vous voulez dire qu'à un moment, le doigts a été mis sur quelque chose de réel et de pertinent dans ce chef d'oeuvre? Oula vite, il faut réparer cette erreur et soigneusement éviter de développer le truc!
Et finalement, ce qui semble ressortir de l'opinion abolitionniste, c'est que la rhétorique ultra libérale, ça passe pour tout, SAUF pour la prostitution.
Alors que bon, les "ha bah c'est comme ça maintenant", "Oui, c'est pas ce que tu voulais mais à l'heure actuelle on ne peut plus faire la fine bouche", toutes ces injonctions à devenir un bon produit fortement demandé sur les marchés, c'est AUSSI puant affilié à d'autres domaines que la prostitution.
Ce qui est déplorable, ce n'est pas que des gens parfaitement désinformés sur le travail sexuel accolent ces injonctions à la prostitution comme si c'était un travail sans particularités spécifiques qui demandent de nombreuses précautions, ce qui est déplorable, c'est qu'on utilise ces injonctions de toutes façons, point barre. C'est le fait qu'elles existent et soient validées en amont qui rend possible leur accolement au cas de la prostitution, et qui nécessite donc une déconstruction, comme ça en plus, ça profitera à tout le monde...


Ainsi cette campagne des "JeunesPourL'Abolition" se vautre t-elle dans la facilité, le ridicule et la rhétorique "Manif pour tous", tout en passant complètement à coté des problématiques prostitutionnelles.
Car ce que cette vidéo ne dit pas, ne montre pas et ne dénonce pas, c'est la réalité dans tout ce qu'elle a de plus concret.
En effet, nul besoin d'une proviseure revêche et de parents complètements cons pour qu'une femme/un homme entre en prostitution.
La pauvreté, les misères, la précarité, les systèmes de dominations et les violences/traumatismes qu'ils engendrent, le capitalo-libéralisme, les divers abandons de l'Etat et les situations de monopoles des richesses et pouvoirs s'occupent déjà très bien de jeter les gens dedans.
Les Etats se draperont toujours derrière une posture de lutte contre la prostitution, bien qu'à travers divers biais. Certains opteront pour une législation réglementariste, arguant qu'ainsi, ils peuvent au moins contrôler les choses, d'autres opteront pour une législation abolitionniste, arguant qu'ainsi, ils posent au moins ne serait ce que des bases théoriques contre la marchandisation des consentements sexuels.
Mais pour l'heure, aucun ne semble décidé à une régularisation massive des sans papiers, qui agirait pourtant directement sur la vie de milliers de prostitué(e)s, mais aussi d'esclaves sexuelles. Aucun ne semble décidé à l'instauration d'une revenu universel, qui mettrait pourtant fin à des milliers de situations d'abandons, de prise à la gorge, de désespoir, de pauvreté, de précarité et de misère, et ainsi directement, mettrait fin à des milliers de recours à la prostitution. 

Voila exactement pourquoi le scénario de cette vidéo passe complètement à coté de l'essentiel. Parce qu'il est improbable, et que de fait, il ne dérange rien. 
D'ailleurs, que propose actuellement le collectif "LesJeunesPourL'Abolition" pour agir contre les CAUSES de la prostitution? Et bien en fait, rien. Toute leur énergie se monopolise actuellement sur la pénalisation des clients, ce qui n'est donc qu'un effet. (En plus d'être une loi criminalisante et dangereuse)
Et j'avoue que je commence à avoir de plus en plus envie de vomir quand je lis des "mobilisons nous pour l'abolition de la prostitution!" et qu'en parallèle, la seule action soutenue soit de pénaliser les clients. Le truc qui va trop permettre aux personnes prostituées de sortir de leur situation quoi, ouahou, abolition à fond la caisse!
On aurait pu penser que pour abolir la prostitution, il aurait été plus judicieux de redistribuer les subventions de l'Etat et les cotisations des adhérents des associations aux putes, mais apparemment, s'en servir pour monter des films ridicules qui passent à coté de l'essentiel c'est mieux.

Mention spéciale aux nombreux médias qui ont relayé la campagne : Le FigaroLe Nouvel ObsMidi Libre, ou encore Madmoizelle (qui semble mettre à point d'honneur à relayer toutes les campagnes les plus foireuses des abolos depuis quelques temps...), et qui se vautrent tous dans... Bah éxactement ce que je dénonce, avec le mot "choc" qui revient en permanence, et une mise en perspective zéro du contenu avec la réalité (vous imaginez, ça aurait demandé un travail journalistique, faut pas déconner quand même, on relaie les dossiers de presse en les recopiant et puis c'est marre quoi...)
Et en prime, ce commentaire qui illustre parfaitement tous les problèmes que j'ai énoncé plus haut :
Pour le mec, ça y est, on tend déjà vers ça à toutes jambes, et puis en Allemagne blablabla hein, et... Ho god...



Passons maintenant, et (beaucoup) plus brièvement par contre, sur cette campagne lancée par le conseil général de l' Essonne, dont l'essentiel consistera à placarder ceci...



sur les abribus...

Comme on peut le voir en bas de l'affiche, "l'Essonne dit NON" et s'engage contre la prostitution. Comment? En mobilisant des moyens financiers pour créer, développer et placarder de grandes affiches, au lieu de proposer une subvention aux putes et esclaves sexuelles pour qu'elles puissent cesser, ou tout du moins fortement restreindre (parce que bon, si c'est une subvention à hauteur du RSA, voila hein...) leur activité ou trouver une porte de sortie à leur enfer.
A ce titre, le conseil régional de l'Essonne aurait aussi pu entreprendre une régularisation des putes sans papiers.

Comme me le faisait remarquer une twitta, ce procédé n'est pas sans rappeler celui des, par exemple, compagnies de transport qui déploient des moyens énormes pour placarder des affiches qui stigmatisent la fraude, au lieu de les mobiliser pour... baisser le prix des billets et/ou proposer de vraies alternatives aux pauvres et précaires...

Par ailleurs, le message est quand même des plus WTF. Je veux dire, moi, si j'avais la possibilité de m'exprimer sur tous les abribus en tant que pute en vous disant que je suis madame tout le monde, j'aurais envie de vous dire autre chose que "et vous croyez que ça me fait plaisir?", comme si c'était de votre faute personnellement.
Non.
J'aurais envie de vous dire "Et vous savez pourquoi c'est possible? Parce qu'une petite bande de connards confisquent les richesses au lieu de les redistribuer égalitairement. Parce qu'on vit dans un monde libéral où il n'existe aucun recours d'urgence rapide et efficace quand on est prit à la gorge. Parce que le Nord écrase, pille et bousille le Sud, et que du coup, les gens du Sud sont prêts à tout, même à l'asservissement sexuel, pour se réfugier dans le Nord. Parce qu'on vit dans un monde classiste, sexiste, raciste, toxicophobe, LGBT-phobe, j'en passe et d'autres."

Et surement plein d'autres choses, d'ailleurs c'est pour ça que j'ai ouvert un blog.

▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲

A lire aussi (avec encore d'autres arguments pertinents), le ticket de métro d'Ovidie sur le sujet : http://www.metronews.fr/blog/ovidie/2013/10/28/la-video-des-jeunes-pour-labolition-de-la-prostitution-qui-cree-le-malaise/

lundi 7 octobre 2013

Prostitution : Quand le militantisme prohibo- abolitionniste met en danger la vie des putes, et autres considérations...

Depuis quelques jours, un nouveau Tumblr créé dans le cadre d'une campagne abolitionniste de la prostitution a fait son entrée dans les internets. Il s'agit du Tumblr "Prostitueurs", dont l'objet est de réunir diverses citations de clients de putes qu'on peut trouver sur des forums spécialisés à cet effet. ( par exemple, EscortfrYouppie ou 6annonces)
Le but de la démarche n'a pas été explicité : on arrive sur le Tumblr, on trouve les témoignages, point.
Je suppose que l'idée, c'était que ça ne demandait pas d'argumentation et de développement, que les mots parlaient d'eux même. En l'occurrence, j'imagine qu'il est question de tenter de montrer à la face du monde combien les clients de putes sont barbares et dénués d'empathie, ainsi que de mettre en perspective les nombreux témoignages de viols et d'agressions (sexuelles mais pas seulement) dont ils font preuve (en ne les nommant bien sûr jamais de la sorte, évidemment. Ils "poussent un peu", "vont chercher ce pour quoi ils ont payé" etc.).
La finalité étant donc de diriger les lecteurs découvrant cette prose vers premièrement, "Abolition 2012" et logiquement ensuite, le soutien de la politique abolitionniste en générale, qui se gausse souvent d'être la seule acceptable et prenant réellement en considération la vie des putes, et qui se trouve être actuellement en pleine campagne pro pénalisation des clients. (Ce qui en plus d'être une mauvaise et dangereuse idée, vise complètement à coté du point essentiel sur lequel il faudrait agir, à savoir, l'économie...)


On peut penser ce qu'on veut de ce projet, de son but et de son utilité. En ce qui me concerne, j'y reviendrais un peu plus tard.
Car avant d'en aborder le fond, il est important ici, d'en dénoncer la forme.
En effet, ce projet de Tumblr est mené par la militante abolitionniste connue sur les internets sous le pseudo de Lise Bouvet.
Ce pseudo ne dit certainement strictement rien aux personnes qui ne participent pas activement à la vie militante virtuelle, mais il est par contre très connu justement au sein de ces sphères.
Et c'est là que le bât blesse.
Cette personne a à son actif plusieurs faits de violences, menaces, harcèlements et outting divers sur les internets. Ces faits ont été dénoncés et relayés à de nombreuses reprises, et depuis très longtemps. Et, comme par hasard, ils concernent très souvent des travailleuses sexuelles. Ca la fout un peu mal pour une militante abolitionniste qui se veut l'amie et surtout la sauveuse des putes.
Je peux moi même me porter témoin (captures à l'appui) de deux faits de violence graves, et d'autant plus car portés par une militante féministe.

La premier est ce qu'on  pourrait qualifier par le terme d'outting de viol (= rendre publique le fait qu'une personne en particulier a été violée) dont a fait l'objet une militante féministe, mais aussi et surtout une model soft porn/érotique, que je nommerais "Y" dans ce billet afin de préserver son anonymat.
Les faits se sont déroulés l'année dernière. A cette époque, je trainais mes guêtres sur Twitter depuis quelques jours à peine. Je n'officiais pas en tant que militante féministe, encore moins en tant que pute, mais simplement comme une blogueuse beauté lambda. J'avais cependant déjà quelques contacts féministes, dont "Y" justement.
Je ne connaissais strictement rien aux sphères militantes, encore plus rien aux personnes qui s'en voulaient chef de fil, en tout cas sur la partie internet/virtuelle. Je me prostituais depuis une bonne année, mais je n'étais pas encore très avisée des divers courants politiques qui existaient sur le sujet. (Pour tout dire, quand on a le nez dedans, au final, on en a un peu rien à foutre de ce que peuvent raconter des gens qui ont le cul bien au chaud à notre sujet toute la journée. Force a été de constater pour ma part, que c'était une erreur, car ce sont bel et bien ces gens là qui font la pluie et le beau temps sur nos vies et l' entretien de nos stigmates, certainement pas nous, ce qui m'a finalement conduite à prendre part au sujet. Mais bref, c'est une autre histoire.)
Tout ça pour dire que je débarquais.
Twitter et ses suggestions pertinentes m'a proposé de suivre Lise Bouvet, dont le pseudo Twitter était "Fée Ministe". J'ai donc pensé que ça pouvait être une personne intéressante pour moi qui commençait doucement à me sensibiliser aux problématiques féministes justement. J'ai ainsi follow Lise Bouvet, et RT un lien qu'elle a fait circuler sur sa TL dans la foulée.
C'est à ce moment là que ma copine "Y" est venue me trouver pour me dire : "Fais attention avec Lise Bouvet, c'est vraiment une connasse et elle n'est pas bien attentionnée."
Quelques minutes plus tard, Lise Bouvet avait prit connaissance de cet échange et l'avait RT sur sa TL en le commentant ainsi :

On aurait pu penser que les personnes s'étant le plus crevées pour cette campagne étaient les témoignant(e)s, mais en fait on avait tout faux!///La partie en noire correspond au pseudo de "Y"

#Jenaipasportéplainte se réfère à une campagne lancée par le collectif "Pas de justice pas de paix", qui s'est donc étendue sur Twitter via ce Hashtag. Son but était de donner une possibilité de prise de parole aux victimes de viols et de violences sexuelles, en particulier à propos de la très délicate question du dépôt de plainte.
"Y" a voulu témoigner pour cette campagne. Lise Bouvet lui a proposé d'anomysé sa participation, ce qu' "Y" a accepté : elle ne souhaitait pas que sa participation à la campagne (qui induit en elle même de déclarer publiquement qu'on a été victime d'un viol donc) soit reliée à son pseudo.
Elle a donné sa confiance à Lise Bouvet, mettant de coté ses différents idéologiques avec elle car estimant que participer à la campagne était quelque chose d'important. Pour elle, et aussi pour d'autres. 
Elle a donc fait parvenir sa participation avec le pseudo qu'elle utilise pour travailler et vendre ses photos, le pseudo auquel est lié tout son réseau. En effet, pourquoi passer par un autre compte puisque l'anonymisation lui était proposée? 
Comment aurait- elle pu imaginer une seule seconde qu'une militante féministe en lutte contre le viol serait un jour capable d'utiliser cette information pour la menacer et lui nuire?
Aucunement. Parce que c'est tout bonnement impensable.

Ce jour là, en hurlant que telle personne portant tel pseudo précis avait participé à la campagne #jenaipasportéplainte, Lise Bouvet hurlait à ses +/- 2000 followers que telle personne portant tel pseudo précis avait été victime de viol et n'avait pas porté plainte, tout simplement. 
Des faits que "Y" ne souhaitait manifestement pas partager publiquement sous son nom avec n'importe qui.
Non pas qu'ils s'agissent de faits honteux. Simplement, quand on connaît le stigma qui touche les victimes de viol, on peut largement comprendre que certaines ne souhaitent pas partager ce genre de faits en public. 
Outter une victime de viol était donc la réponse proportionnelle au fait d'avoir été traitée de "connasse" dans une conversation selon Lise Bouvet. 
Alors qu'on s'entende bien : Insulter c'est mal, et Lise Bouvet avait effectivement le droit de réagir et de demander des excuses à "Y". (Note : En sachant tout de même que pour que "Y" aille jusqu'à utiliser le terme de "connasse" -qu'elle conspue- , il y avait bien  une raison que je ne peux hélas pas détailler...)
On pourrait donc en déduire que la limites à ses convictions se situent au niveau de la querelle personnelle. Au niveau zéro finalement. 


Le second fait d'arme dont je peux témoigner me concerne directement. 
Les faits se sont déroulés au début de cette année. 
Lise était en train de dériver sur sa TL Twitter à propos du fait que n'importe qui n'étant pas dans son camp = le STRASS, et commençait à hurler des trucs évasifs et absurdes à une personne de mes contacts.
Et là, je ne sais pas. Ce jour là, ça a été trop. 
Pourtant je savais à quoi m'en tenir. J'avais bien vu comment tournaient les discussions avec elle au moment de l'affaire avec "Y" : c'était ahurissant, des gens lui répondaient sous son tweet d'outting de viol pour lui expliquer que faire de l'outting de viol c'était moche, et elle répondait que jamais elle n'avait outté le viol de qui que ce soit. Et ce même avec le tweet sous le nez, rien à faire. Surnaturel. 
Je le savais bien, et d'ailleurs ça faisant des mois que je me retenais. Régulièrement je voyais passer des horreurs, des outrances, des conneries en fait, des trucs pas tellement graves par rapport à l'histoire de "Y", mais suffisamment révoltants pour ressentir le besoin d'intervenir. 
Et puis surtout, il y avait un truc que je commençais à vraiment ne plus pouvoir supporter : son instrumentalisation des mes textes sur la prostitution. Enfin, pas tous mes textes bien sûr, seulement ceux qui, présentés comme il faut avec les commentaires qui vont bien, lui permettaient d'appuyer sa posture idéologique. (Mais bon, ça, ce sont les affres de l'expression en tant que pute et minorité, la parole se voit toujours instrumentalisée, c'est comme ça et je n'y peux pas grand chose. J'ai décidé de ne pas me laisser silencier par cet état de fait.)

Enfin bref, ce jour là, alors qu'elle s'est mise à hurler à un contact de ma TL de "continuer à faire des mamours aux strasseuses" (traduction : s'adresser avec considération, respect et curiosité à des membres du STRASS, des sympatisants du STRASS, mais aussi et surtout des non abolitionnistes n'ayant rien à voir avec le STRASS de près ou de loin...) et d'ajouter un absurde et mystique "CA T'EMBETERAIT BIEN DE REMUER LA MERDE" plein de sous entendus incompréhensibles, j'ai craqué.
J'ai été lui demander si par "remuer la merde", elle faisait référence à l'outting de viol auquel elle avait procédé quelques mois plus tôt. 
Ce n'étais pas spécialement brillant, ni bien ciblé, je l'accorde. Mais c'était comme ça, j'ai craqué, cette histoire me restait trop dans le travers.


Elle a nié, comme d'hab.
Sachant à qui je m'adressais, je savais bien que ce n'étais absolument pas la peine de lui répondre quoi que ce soit de raisonné, et j'ai donc simplement décidé de lui faire savoir que son "je n'ai pas fait ça et tu le sais très bien" était complètement à coté des chaussures étant donné que j'avais assisté à tout le carnage. (En fait, mieux, le carnage est parti d'une conversation dans laquelle j'étais présente...)

Et c'est à ce moment là que Lise Bouvet nous a servi du grand Lise Bouvet.


"On a hyper confiance en une meuf qui dit à longueur de billets à quel point elle est camée et se souvient de tout"
Voici précisément ce que pense Lise Bouvet, militante prohibo-abolitionniste qui se veut sauveuse des putes, de la parole bah... des putes. Putes qui parlent donc avec souvent -pas toujours- leur lot de troubles dissociatifs, putes qui parlent parfois -et bien plus rarement qu'on le croit cela dit- avec leur lot d'usages de drogues.
Parce que ce sont bien les troubles dissociatifs que Lise Bouvet vise ici dans ce tweet. Le seul article dans lequel j'ai évoqué le fait que je n'étais parfois pas capable de me souvenir de mes rendez vous tout de suite après qu'ils soient terminés et dans lequel il est explicitement indiqué que je consomme des stups dans le cadre de mon travail est ici : "Comment je travaille" Ce qui y est décrit correspond parfaitement à la manifestation de troubles dissociatifs, ce qu'elle ne peut pas ignorer compte tenu de son statut de militante prohibo-abolitionniste (ou alors elle connaît rien au sujet, c'est aussi fort possible, mais plutôt grave quand on se veut chefe de fil de toute une campagne sur la question...)
Donc, si l'on en croit cette personne, qui utilise la systématisation (qui reste pourtant à prouver) des troubles dissociatifs chez les putes comme argument pour appuyer sa position idéologique, les troubles dissociatifs invalident la parole des putes, et donc faut pas leur faire confiance. Sauf quand il s'agit de raconter des choses qui vont dans le sens de sa position idéologique en fait.
On marche au plafond et sur la tête.

A ce moment là je me dis : What the fuck? 
La seule solution, c'est soit 1/ Que cette personne tombe très vite le masque, et qu'elle est en fait tout ce qu'il y a d'haineuse et de putophobe 2/Cette personne ne sait pas vraiment à quoi correspondent les troubles dissociatifs que peuvent connaître certaines putes 3/Tout ça à la fois? 
Quoiqu'il en soit, il faudrait vraiment qu'elle m'explique en quoi le fait que j'ai témoigné du fait de me dissocier durant mon travail revient à faire de moi une personne non fiable aux problèmes de mémoires généralisés. 
A ce titre, il serait également urgent qu'elle s'intéresse un peu à la toxicomanie, parce que le truc de : camée = invente n'importe quoi, n'a pas de mémoire, perçoit des choses qui n'existe pas, c'est même pas du niveau café du commerce...


Face à cette culminance d'absurdités, je n'ai pas su me contenter de clore le chapitre. J'ai cherché à savoir si Lise Bouvet se rendait compte qu'elle était en train d'admettre purement et simplement qu'elle s'appuyait sur mes textes pour étayer ses positions idéologiques tout en considérant que mes textes n'étaient pas crédibles. 
(Vous ne comprenez pas cette phrase? C'est normal.) Au passage, on notera la considération que ça traduit pour les gens qui la suivent...
En a découlé cette réponse pour le moins... intéressante.


"Croustillant". 
Voila donc la raison de fond donnée par Lise Bouvet pour faire circuler mes textes. Ils sont "croustillants". (Comme si jamais aucune pute n'avait raconté ses frasques avant...)
Ho mais à moins que? Peut être qu'effectivement, c'est la première fois de sa vie que cette militante prohibo-abolitionniste a eu l'occasion d'entendre des vrais propos de pute? Ben putain, qu'est ce que ce serait si elle n'était pas militante! O_O
"Croustillant". Voila comment cette militante féministe qui se gausse de lutter contre toutes les violences patriarcales qualifie des écrits qui relatent... des violences patriarcales. 
OK.
Ma foi, de la part de quelqu'un qui utilise sans scrupules le stigma envers les femmes violées pour se venger d'une querelle personnelle, que fallait il attendre?

A ce stade, j'ai très rapidement mis fin à cet échange, la laissant s'époumoner une bonne demi heure par la suite, à hurler des trucs absurdes sur le STRASS, mes liens avec (???), le fait que de toute façon tout le monde lui tapait dessus exprès pour redorer son blason parce que c'était trop fashion de se faire LA grande tenancière du scoop it prohibo-abolitionniste le plus complet du net (???), et surtout parce qu'elle dérangeait, elle qui luttait VRAIMENT contre le patriarcat, alors que moi et ma team (le STRASS, dont je ne fais pas partie mais c'est pas grave donc, si vous suivez) en étions en fait les soldates. 

Je pensais que ça en resterait là, mais c'était bien mal connaître Lise Bouvet. 
Quelques jours après cet échange, elle a trouvé l'adresse et le pseudo de mon (désormais ancien) blog beauté, qui contenaient des dizaines de photos de moi. 
C'est ainsi que, subtilement, Lise me fit savoir au travers de tweets plus ou moins évasifs qu'elle avait l'adresse de ce blog et qu'elle ne se gênerait pas pour la jeter publiquement à ses +/- 2000 followers. 
Ho elle ne m'a pas mentionnée, elle n'a même pas prononcée de menaces réellement, elle s'est simplement contentée de trucs du genre : "Ho tiens, leblogdexxxx a fermé, comme c'est bizarre! #poke". 
Bon, déjà, je considère qu'en balançant l'adresse de la sorte (avec le coté mystique qui va bien et qui attire forcément les gens...), on avait déjà mis un pied dans l'horreur. 
Mais, et j'assume que c'est mon interprétation personnelle, compte tenu des antécédents de la demoiselle, il est évident qu'il s' agissait de me menacer de balancer clairement que "leblogdexxxxx = Salomée" si jamais je venais à me faire trop gênante. 
Pourquoi c'est grave? Parce que n'importe qui de mal intentionné (il y a tellement peu de gens mal intentionnés dans la milieu de la pross, nan vraiment, pas la peine d'en faire un fromage!) aurait pu faire quelques recherches très simples (surtout si on est du genre à bien aimer nuire aux gens) avec mes photos, et ainsi trouver mon annonce, me balancer sur les forums de clients, pourrir mes revues, et surtout me mettre très gravement en danger à divers niveaux. (M'enfin, une querelle personnelle et un rappel de faits grave valent bien ça non? Et puis je suis qu'une connasse de pute camée, c'est pas comme si Lise Bouvet avait fait du sauvetage des putes son domaine autoproclamé...) 
Evidemment, j'ai fermé ce blog immédiatement. J'en ai été très malheureuse d'ailleurs. Mais Google garde tout, pendant longtemps, et on pouvait donc encore très facilement trouver mes photos en tapant mon ancien pseudo/adresse dessus jusqu'à il y a peu...


Je n'ai d'éléments que pour ces deux méfaits (et encore, pour ce qui est de ce que je considère comme la menace relative à mon blog beauté/mon identité réelle, je n'ai pas de traces, je n'ai pas l'habitude de ce genre de situations, je n'ai pas le réflexe captures, je ne suis pas "malfaisante" spécialement donc je ne pense pas à ça, et puis sur le moment j'étais tellement choquée et je me suis sentie tellement en danger que tout ce que j'ai voulu c'est m'éloigner très loin, point. Cela dit j'assume la responsabilité de mes propos.), mais les quelques fois où j'ai osé aborder, et pourtant sans entrer dans les détails, les violences qu'opérait Lise Bouvet à mon encontre, à chaque fois, plusieurs personnes m'ont dit : "moi aussi". 
Je n'entrerais pas dans les détails, puisque je n'ai pas de traces, et surtout parce que les personnes concernées par ses méfaits ont peur.
Oui, on en est là.
En ce qui me concerne, je suis d'ores et déjà menacée de poursuites en diffamations, ce alors que je n'ai même pas parlé de mon attention de publier ce billet, c'est dire la réactivité du petit groupe prohibo- abolitionniste (parce que bon, il y a Lise Bouvet, et puis il y a les amis de Lise Bouvet, à pas piquer des vers non plus...) quand il s'agit de silencier quiconque aurait l'outrecuidance de rendre public ses/leurs dégueulasseries...
Je sais que je m'expose à des risques, et franchement je ne suis pas spécialement à l'aise, mais il me semble plus que jamais important de notifier la situation quelque part, que ce soit pour moi et pour toutes les personnes qui m'ont confiée des choses que j'estime graves.
Je sais déjà que Lise fera certainement un long billet larmoyant pour raconter combien je suis odieuse avec elle, ce qui dépasserait l'entendement étant donné que je fuis cette personne à toutes jambes depuis des lustres et que l'échange dont je fais part dans ce billet est le seul que j'ai eu avec elle. 
J'assume pleinement avoir libéré ma parole à son sujet depuis quelques temps sur mon compte Twitter. Je sais que les quelques tweets où j'émets des critiques à son égard seront certainement publiés, déformés, sortis de leur contexte. Ca commence déjà d'ailleurs. (Par exemple, il est question de "montages photo grotesques" de ma part -entre autre-, et c'est vrai que y'a qu'à regarder la tronche de mon blog pour se rendre compte que je suis une graphiste d'une habileté redoutable...)
Pas plus tard que la semaine dernière, suite à quelques tweets dans lesquels j'exprimais mon dégoût de ses méthodes, elle tweetait un mystique "En fait les pro prostitueurs utilisent des méthodes similaires à la manif pour tous". (Les pro prostitueurs c'est nous autres qui sommes contre la pénalisation des clients parce qu'on a la trouille pour nos vies, donc...)
Il m'aura fallu six mois avant d'oser parler de ce que j'estime être les menaces qu'elle a proféré à mon encontre. Il m'aura fallu six mois pour oser diffuser ses propos ignobles à propos de mes articles "croustillants" et du fait que comme j'étais pute toxico souffrant de troubles dissociatifs, ma parole n'était pas valable. 
Donc vraiment, je sais que je m'expose à des risques. Toutes les personnes qui subissent ou ont subit ses frasques le savent d'ailleurs. 
Mais je pense que les faits sont trop graves pour ne pas être clairement explicités quelque part. 
Compte tenu des agissements de cette personne, il m'apparaît essentiel de prendre beaucoup de précautions face à ses démarches militantes.


A présent, j'en reviens à la campagne "Client prostitueurs".

On a pu voir cette campagne être relayée dans certains médias, par exemple sur le blog France Infos de Sophie Donzel ou sur Madmoizelle.
Ce qui me pose question, c'est que j'ai moi même largement fait mention de l' existence et des adresses de ces forums sur divers réseaux sociaux et forums. (En l'occurrence sur le forum Madmoizelle par exemple, dans plusieurs posts, dont un qui a été "big uppé" par la rédac, ce qui prouve que le message a été vu et qu'il est passé.)
A chaque fois que j'ai fait mention de ces forums, j'ai été fortement relayée, et j'ai reçu de très nombreuses réactions. J'estime donc ne pas être en plein égo trip en estimant que l'info est passée et qu'elle a du finir par arriver à divers journalistes, au moins celles et ceux spécialisés dans les questions genre/féminisme/prostitution.
Du coup, je me demande pourquoi il a fallu que ce soit une militante prohibo- abolitionniste (Qui plus est particulièrement connue pour sa bienveillance à l'égard des putes, AHEM) qui en fasse un Tumblr pour qu'enfin ça bouge un peu du coté des journaleux?
Nan parce qu'à les lires, ils sont particulièrement remués par les contenus de ces forums. Mais pas assez pour en avoir parlé plus tôt, ni pour avoir contacté des putes pour qu'elles en parlent, ni pour décider de faire un article sur le sujet eux mêmes.
Woké. 

Autre chose. 
Parmi les propos cités sur le Tumblr de Lise Bouvet, il y a au moins deux textes dont je suis sûre de savoir à qui ils se réfèrent.
C'est à dire deux textes qui parlent de mes copines. Qui, vous imaginez bien, sont absolument ravies de se retrouvez épinglées comme références sur un support de ce genre.
Comme si c'était pas suffisamment l'horreur de lire des revues sur combien on suce bien ou mal, comment et si on jouit, si on a l'air d'aimer ça, si on a le vagin ou le trou du cul confortable, faut aussi qu'on supporte les frasques de militant(e)s prohibo- abolitionnistes qui viennent épingler ça publiquement pour servir leur idéologie et s'offusquer à n'en plus finir.
J'ajoute que n'importe qui de mal intentionné (c'est amusant comme Lise Bouvet semble se faire un point d'orgue à faciliter la tache des gens mal intentionnés à l'égard des putes, c'est limite on pourrait finir par se demander si elle ne le fait pas exprès, même si inconsciemment, enfin je.. j'espère quand même...) peut retrouver via simple recherche le topic source desquels les citations sont tirées. Or le topic source sur ces forums, correspond au nom de la pute concernée. Et croyez bien qu'avec le sentiment d'entre soi à l'abri qui règne sur ces forums, d'ici à ce que les clients concluent que leurs revues ont été signalées par les concernées, il n'y aurait qu'un petit pas à faire...

Si on peut effectivement trouver un certain intérêt (et encore, finalement, il est assez relatif...) à révéler l'existence de ce genre de supports, particulièrement pour déconstruire les opinions cafés du commerce sur les-pauvres-gentils-clients-ouin-snifff et sur les méchantes-putes-qui-se-font-un-fric-monstre-en-ne-foutant-rien, pourquoi est ce que ce n'est pas possible de le faire en pensant aux putes et en leur évitant un stigma et surtout une mise en danger supplémentaire? Parce que ce sont bien elles/eux qui sont essentiel(le)s dans l'histoire non? #HoWait
Pourquoi opérer une sélection (et quelle sélection!)? Pourquoi ne pas laisser les gens voir d'eux même, dans l'ensemble, sans mettre en danger ou stigmatiser les concernées? 
Pourquoi est ce qu'on dirait qu'au final, on est pas considérées comme des êtres humains, ou du moins, des êtres humains tellement au fond du trou que boarf, on n'est plus à ça près? Pourquoi tout le monde s'en fout de nous mettre en danger?

▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲▲

Certains verront peut être à travers ce billet une prise à parti relou dans un conflit entre deux personnes, ou tout du moins, deux positions idéologiques.
Ce serait effectivement le cas si il n'y avait pas de rapports de domination en jeu dans la question.
En l'occurrence ici, il s'agit de privilégier la parole d'une militante qui nous violente en scred (=> ça ne se sait que peu car on a peur d'en parler) par rapport à la parole de travailleu(r)ses sexuel(le)s dont les vies sont directement impactées par certaines démarches militantes...


EDIT : Je tiens à ajouter que j'ai eu connaissance de cet article de Lise Bouvet, et que je n'ai rien de particulier à en dire, si ce n'est que je constate une fois de plus qu'elle est dans le registre de la culpabilisation et de l'émotion pure. Ca me rappelle que le soir où elle a vomit sa haine sur moi, des copines à elles étaient venues m'expliquer en DM que c'était normal car elle subissait des harcèlements du STRASS (???).
Ca me rappelle aussi combien elle n'avait eu de cesse de rappeler qu'elle avait prit deux mois de congés sans soldes pour la campagne #jenaipasportéplainte , et que de ce fait, on avait pas le droit de lui pointer l'atrocité de ses propos vis à vis de "Y".
Je suis bien malheureuse pour elle qu'elle doive supporter tous les déboires qu'elle nous fait partager, mais je tiens simplement à mettre en perspective que ça n'a juste aucun rapport avec la choucroute.
Qu'elle ait des problèmes personnels et qu'elles subissent des pressions parce qu'elle est militante féministe n'enlève rien à la dégueulasserie de SES méthodes à ELLE.
Je sens venir gros la volonté de tout mélanger pour échanger les places des victimes et des coupables. 
Si elle est effectivement peut être victime de son coté dans des affaires que je ne connais pas, les faits qui la concerne elle et ses méthodes sont une autre histoire, sont d'autres faits, et ces deux choses là ne devraient pas avoir à se mélanger. Chercher à le faire et à semer la confusion démontre qu'il y a clairement un malaise et une volonté de brouiller les rapports de domination et d'agresseur/victime. 
Je ne tomberais pas ni dans le panneau, ni dans la surenchère.