mardi 25 février 2014

Rape Culture : Pas assez jeunes, Pas assez de sang, ces mauvaises victimes de pédocriminalité

Donc il y a ce type, 28 ans, ne suit presque que des adolescentes sur son compte Twitter. Près de 300.
Et depuis hier, il y a ces jeunes filles qui ont osé briser le silence, raconter, et signaler. Près d'une dizaine.
J'ai fait un petit tour sur le profil Twitter du gars, et ça a été pour le moins...instructif.
Un mélange de phrases philosophico-cryptiques, de photos d' âââârt, quelques complaintes sur la folie du monde...
Bref, le message est clair, on a ici affaire à un écorché vif, un sensible penseur, contemplatif.
Et c'est avec la même signature que ce grand cérébrale fait des avances sexuelles à des mineures. 
"Un jour il faudrait que je te fasse l'amour, ça te ferait du bien (...) Brûler à deux". Altruiste et profond avec ça.

Une fois ses agissements signalés, on pouvait lire sur sa TL toute une logorrhée sur la folie des internets et de ces gens timbrés qui ne rêvaient que de briser de pauvres innocents pour se sentir exister.
"Je n'ai fait qu'avoir des relations sincères", clamait il. Et de repartir sur les "accusations très graves" que l'on avait l'outrecuidance de lui faire porter.
Un discours d'autant plus ahurissant qu'il avait la capture d'une discussion sur laquelle on le voyait clairement faire des avances sexuelles à une jeune fille de quinze ans sous le nez.
Oui mais voila. Lui n'estimait (et n'estime toujours pas d'ailleurs) pas avoir fait quoi que ce soit de répréhensible. Comprenez, c'est juste un pauvre homme trop sensible et trop fleur bleu pour ce monde de brutes, et PAF, pas de chance, c'est toujours sur des adolescentes que son amour ultra pur tombe.
Et puis on ne sait pas tout, parce que le contexte, parce que elles aussi elles étaient amoureuses, et puis d'abord ça nous regarde pas ses histoires amoureuses.

Hier soir, quand je lisais sa TL, j'en aurais gerbé tripes et boyaux. Et pourtant à ce moment là, je n'étais qu'au début de mes peines...
Parce qu'une fois le coup de l'émotion passé, une réalité m'a explosée en pleine gueule : ce type n'est pas malade. Du moins, il semble clairement distinguer le bien et le mal.
Et si il est à ce point persuadé d'être totalement légitime, de n'avoir rien à se reprocher, et même d'être victime de la machine à broyer des féminazies d'internet, et bien c'est tout simplement parcequ' autour de lui, il y a tout un système et toute une culture qui lui certifie ces choses. 
Et pour me le démontrer, je n'ai pas eu à chercher bien loin...

En effet, à partir du moment où les mots "harcèlement sexuel" et "pédoprédateur" ont été prononcé, une belle poignée de défenseur(e)s de la cause de ce brave type s'est formée.
Et que d'abord, on n'avait pas à se mêler des "histoires de couples" et de la "vie privée" des gens.
Et puis qu'on était complètement naïves (je parle au féminin, car je n'ai pas vu d'homme intervenir dans cette affaire) de se laisser embarquer par une bande de gamines qui cherchaient simplement à se venger de ne pas avoir obtenu l'attention qu'elles voulaient.
Et puis que hé, c'était quand même bizarre, ces jeunes filles qui se mettaient à parler seulement maintenant! Si ça avait été si grave, pourquoi elles en avaient pas parlé avant?
Et puis que d'abord, pourquoi si c'était si grave, elles n'étaient pas plutôt en train d'en parler à leurs parents?
Et comme de par hasard, tous ces témoignages qui s'enchaînent, ha ouais d'accord, en gros les meufs elles ont senti le bon filon pour attirer l'attention sur elles et vous vous tombez dedans!
Et puis nan mais hé, "pédocriminel", "pédoprédateur", "harcèlement", nan mais attendez, ça va beaucoup trop loin là, vous vous rendez compte de la gravité des accusations que vous portez!?
Et puis qu'en plus, les jeunes filles concernées, qu'est ce qu'elles foutent sur Twitter à quinze ans à part jouer les grandes hein?
Et puis que d'abord, elles avaient qu'à pas répondre!
Et puis c'est bon hein, elles sont pas victimes de quoi que ce soit les concernées! Elles n'ont même pas été violées!
Et puis hé ho, "harcèlement", nan mais vous savez ce que ça veut dire "harcèlement"? D'ailleurs c'est vous les harceleuses là, à tomber sur ce pauvre innocent!
Et puis que franchement, vous devriez avoir honte, quand on pense qu'il y a des gens qui se font harceler pour de vrai, qui sont victimes pour de vrai, et vous vous êtes là à vous exciter pour rien!
Et puis que d'abord, vous faites tout ce boucan parce que vous z'avez rien à faire dans vos vies de féminazies, tout ce que vous voulez c'est vous payer un pauvre innocent pour prouver au monde que vous être trop des défenseuses de la cause des femmes, alors qu'en vrai vous faites rien!
Etc.
Etc..
Etc...
Ho, et bien sûr, tout ça avec des captures d'écran sous le nez hein, là encore...

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Et bien, nous y voila.
Evidemment, comment j'avais pu ne pas le voir venir?
J'étais là, complètement hallucinée et effarée devant mon écran, à me demander ce que c'était que ces conneries, mais attends là je suis en pleine hallu, je suis bel et bien en train de lire la prose de gens qui défendent tranquillement un pédoprédateur, et qui en font même une victime?!
Hé bah...oui. Oui oui oui.
Et pourtant, pffff... Bah oui enfin, évidemment.
Je le sais pourtant, je le sais, mais ça arrive encore à m'exploser à la gueule comme une bouteille de Perrier.

Evidemment que c'est de la faute des jeunes filles.
Evidemment que ce sont elles les coupables, les connasses qui ont eu l'outrecuidance de juste être là, au milieu du chemin de ce type, et donc de provoquer ses hormones.
Evidemment que ce pauvre homme n'est pas responsable! Dans le monde magique des féminazies, on considère qu'un(e) adulte responsable n'a pas à solliciter un(e) mineur(e) aussi bien sexuellement qu'amoureusement. On considère également que dans le cas où un(e) adulte responsable serait sollicité(e) sexuellement ou amoureusement par un(e) mineur(e), car oui, nous savons que ce cas de figure se présente parfois pendant l'adolescence, et bien cet(tte) adulte responsable devrait tout simplement poser des limites et mettre un stop immédiatement. Mais ça, c'est des conneries de féminazies hein, dans le vrai monde, il est évident que c'est bien trop demander, surtout à des hommes!
Evidemment que ces jeunes filles mentent. Qu'elles ont monté un coup pour faire tomber ce pauvre monsieur ou pour se rendre intéressantes. Tenez d'ailleurs, à tous les coups on va découvrir qu'il a plein de thunes, et que tout ça, c'est l'oeuvre d'un gang de salopes vénales!
Evidemment qu'on ne peut pas parler de harcèlement! Mais enfin, où avais- je la tête? Comment avais-je pu oublier? Il y a bien sûr le vrai harcèlement, celui où on reçoit trente coups de fils par jours avec un type qui parle, torchon sur le combiné, ou bien alors qui ne parle pas, ha oui ça c'est du vrai bon harcèlement ça, le type qui dit rien du tout! Et bien sûr, il faut que ce soit assortit de dizaines de lettres composées de signes découpées dans les pubs des magazines et de hamsters morts devant la porte. Ca, c'est le vrai harcèlement, et en face, il y a le faux harcèlement, qui consiste à recevoir de multiples messages de la part d'un adulte quand on est encore une enfant, messages qui débouchent sur des propositions amoureuses et/ou sexuelles. Un peu de mesure quoi, merde!
Evidemment qu'on ne peut pas parler de pédoprédateur! Un pédoprédateur, ça roule en camionnette blanche devant les écoles et ça s'intéresse aux très jeunes enfants! Mais si c'est juste un adulte qui sollicite sexuellement et amoureusement des jeunes filles encore mineure, c'est pas un pédoprédateur. Parce que déjà, dans le fond il est gentil (il voulait juste montrer à ces jeunes filles que le sexe, ça fait du bien), et puis qu'en plus, ses victimes ne ressemblent plus vraiment à des petits enfants. Bah oui hein, à quatorze quinze ans, on commence à avoir des seins, et puis vous les voyez les jeunes filles de maintenant, comment elles sont attifées comme des pouffes dès qu'elles ont dix ans?
Evidemment que les victimes de ce type ne sont pas de vraies victimes. Il y a les vraies victimes, avec du sang, des coups et des déchirements vaginaux, et puis il y a les fausses victimes, qui ont juste un traumatisme psychologique, et encore, notons qu'il y a des vrais traumatismes psychologiques, et d'autres qui sont faux. Et si vous voulez mon avis, là, bah je crois qu'on est sur des faux, c'est même certain!
...

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Et puis j'ai croisé une des victimes.
Elle était là à raconter qu'elle s'était sentie obligée de répondre, à raconter que ce type l'avait charmée, qu'elle se sentait trop bête.
Le désemparement total.
Elle est là la rape culture. Juste là. Pour beaucoup, la rape culture est un vaste concept extrémiste et cryptique, un truc qui n'existe que dans la tête de nous autres cinglées de féminazies.
Mais pourtant, elle est sous votre nez, juste là, quand votre petite soeur, votre fille, votre nièce, votre voisine, votre cousine ou je ne sais qui se confronte aux sollicitations amoureuses et sexuelles d'un adulte sur internet, et qu'elle se sent obligée de répondre. Parce qu'il faut assumer. Parce que ça fait plusieurs jours qu'elle discute avec lui, et que c'était inévitable, ça finit toujours comme ça et elle commence à le savoir.
Elle sait aussi, et ça depuis longtemps, que si elle ose dire quoi que ce soit, se rebiffer ou renvoyer ce plouc dans ses cordes, elle va devenir une hystérique, une allumeuse, une salope. Elle sait qu'elle va provoquer la colère et la frustration d'un homme, et que ça ça craint un max.

Vous pensez peut être que pour votre fille, votre soeur, vos amies, vos cousines, votre voisine ou même votre femme/petite amie, c'est ou ça n'a pas été pas pareil. A part peut être pour celle ci ou celle là, qui est de toute évidence une paummée qui ne sait pas se défendre. Mais les autres, elles sont pas comme ça, elles ont du caractère, elles sont accomplies, maintenant pour les femmes c'est plus comme avant, et bla et bla.
Vous pensez aussi peut être que votre fille, votre soeur, vos amies, vos cousines, votre voisine ou même votre femme/petite amie n'est ou n'a pas été assez stupide pour se laisser charmer par un(e) adulte sur internet. Que ce genre de choses n'arrivent qu'aux jeunes filles idiotes ou perdues, à celles qui ont des problèmes de violences dans leur famille, ou des parents absents... 
On est ici au croisement putride entre la misogynie et la culture du viol.
Cette idée que seules les femmes (les hommes, n'en parlons même pas) paummées/traumatisées et/ou ayant cherché/provoqué sont violées/agressées/harcelées sexuellement.
Cette idée qu'on peut prévenir les agressions et harcèlements sexuels en agissant sur les victimes potentielles, et sur elles uniquement. Et donc par extension, cette idée qu'en étant sur le dos de sa fille/soeur/cousine/etc à base d'injonctions, de restrictions et de culpabilisations, on la protège, que rien n'arrivera.
Car finalement les agressions et harcèlements sexuels, c'est toujours l'affaire de celle qui les a cherchés/provoqués, et non de celui/celle qui les a opérés.

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Entre mes 12 et mes 15 ans, j'ai été approchée une bonne dizaine de fois sur le net par des hommes plus ou moins agés, disons entre vingts sept et quarante ans.
Ca n'a jamais été des approches creepy en mode "tu aimes les bonbons? Donne moi ton adresse", il a toujours été question de "juste discuter", de "faire connaissance".
Ca se passait sur l'ordinateur de la famille, le soir pas vraiment tard, vers 21 ou 22 heures.
A cet age là, je n'avais aucunement le droit de sortir le soir pendant la semaine (et c'est normal), et comme bon nombre d'adoes, je passais mes soirées à téléphoner aux copines (les débuts du fixe à fixe illimité et accessible), à essayer des habits, ou bien à chatter sur MSN. J'allais aussi parfois sur des forums pour discuter musique, cours, mode, jeux vidéos, enfin plein de choses quoi.
MSN et les forums, c'était toujours de là que ça arrivait. Des approches basiques, pour m'aider dans le passage d'un jeu ou pour parler d'un album, qui dérivaient petit à petit sur du plus personnel, et finalement débouchaient sur des propositions sexuelles/amoureuses/de rencontre au bout d'un moment. D'un bon moment d'ailleurs, car les pédoprédateurs sont patients, ils savent que les enfants et les ado(e)s sont souvent prévenu(e)s, qu'il font attention, qu'il faut les mettre en confiance.
Mais ils savent aussi que c'est très facile de culpabiliser une jeune fille, de lui mettre la pression en s'énervant sur elle parce qu'elle a "fait croire des choses depuis des semaines".
Ils savent que rares sont celles qui vont oser parler à leurs parents si elles ont la pression en mode "ça fait des semaines que TU me dragues et que TU me fais espérer, faut assumer maintenant!".
Ils savent qu'ils vivent en pleine culture du viol et qu'ils ont l'avantage. Que la peur et la honte n'est pas dans leur camp.

Pour ma part, j'ai eu de la chance. A cette époque, j'avais une vie bien remplie, plein de copains et de copines avec lesquel(le)s j'avais plein d'histoires en tous genres, donc ça ne m'a jamais intéressé de répondre favorablement aux propositions de rencontre. Et lorsque les conversations commençaient à prendre une tournure sexuelle, ça me refroidissait énormément et je me mettais à ne plus répondre. Attention hein, je m'en voulais beaucoup, j'avais vraiment honte de faire ça, j'avais le sentiment d'être une lache qui n'assumait pas (surtout parce qu'une fois que je cessais de répondre, je recevais souvent des messages des intéressés pour me le dire...), je n'en parlais surtout à personne et je flippais grave que ces types me retrouvent et qu'ils débarquent pour se plaindre. Mais voila, en tous cas, bon gré mal gré, ils finissaient toujours par passer à autre chose et par m'oublier.
Mais j'ai eu des copines, nombreuses, qui croisaient le même genre d'individus, et qui ont plusieurs fois soit failli, soit vraiment sauté le cap de la rencontre IRL. 
Parce que voila, elles étaient jeunes, elles n'avaient pas le droit de faire grand chose, ou elles avaient des soucis avec leurs copains/copines à l'école, et qu'elles étaient charmées et valorisées de se voir porter de l'intérêt par un homme vachement plus agé. Ou parfois, elles pensaient être amoureuses. Et surtout, beaucoup finissaient par se sentir tout simplement obligées d'assumer.
Ces copines, il y en a eu de tous les milieux, tous les styles, toutes les configurations.
Leur seul point commun, c'était qu'elles étaient de jeunes adoes, et qu'en face d'elles, des hommes adultes estimaient être dans le plein droit de les solliciter sexuellement. 

Quand j'y repense aujourd'hui, je me dis mais putain, comment ça se fait que je captais pas?
Comment ça se fait que lorsqu'un type de trente ans venait me parler de Tomb Raider avant de bifurquer sur mon age et mes passions, je ne trouvais pas ça anormal? Comment ça se fait que j'entretenais la relation, et qu'à chaque fois que ça finissait par partir en "un jour il faudrait qu'on se voit et qu'on fasse l'amour", j'étais toujours à la fois déçue et surtout surprise? Ca avait beau arriver régulièrement, à chaque fois je me disais "rho putain non!".
Et comment ça se fait que lorsque mes copines me parlaient de ce mec super cool rencontré sur MSN ou sur le WAP, j'avais pas de warning qui s'allumaient en rouge? Pourquoi je ne voyais pas que c'était grave? Pourquoi je n'ai jamais été capable de leur dire "surtout n'y vas pas, arrête de lui parler tout de suite!".
Je me rappelle même avoir aidé une de mes amies de l'époque à aller rencontrer son type un mercredi après midi.
Je suis là, je retourne ça dans tous les sens, je me demande pourquoi, mais putain pourquoi, et puis soudain la réponse, pourtant simple et évidente.
Parce qu'on était des enfants, et qu'on n'avait tout simplement pas l'expérience pour se rendre compte. Parce qu'on vivait dans cette même culture du viol que celle qui donnait à nos pédoprédateurs le sentiment d'être légitimes. 

Tout ça me met dans une monstrueuse colère.

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Puisque de toute évidence, notre culture, la votre, la mienne, ne semble pas prête le moins du monde à changer et à inverser le camp de la peur et de la honte, et bien je crois hélas que l'heure où l'on pourra compter sur une prise en compte des problématiques pédocriminelles à travers le prisme de l'éducation et de la prévention (en plus de simplement cette idée de "la pédocrminalité abstraite, oeuvre de désaxé(e)s") n'est pas arrivée...
Et que de fait, ça va encore être aux victimes de devoir porter le problème à bout de bras pour essayer de faire bouger les lignes.
C'est ce que font ces jeunes filles aujourd'hui en osant braver les accusations de mensonges et les railleries de ceux qui considèrent qu'elles n'ont "même pas été violées" et que donc ça "va beaucoup trop loin", et je les trouve incroyablement fortes et courageuses. 

Quand j'étais juste préado, j'ai été victime de viols et de tortures par deux pédocrminels, pendant toute une nuit.
Une vraie bonne victime si j'en crois les standards donc. Encore que, y'avait pas de camionnette, et j'avais déjà de la poitrine, alors apparemment ça ne compte déjà plus vraiment.
J'ai également été victime d'approches amoureuses et sexuelles de la part d'hommes bien plus agés que moi alors que j'étais mineure. Sur internet, et dans la rue. (ha la rue, un vaste sujet à aborder aussi d'ailleurs!)
Et au nom de ces faits, je m'octroie le droit d'adresser à tous ces gens qui estiment que "tout ça va beaucoup trop loin" car "elles n'ont même pas été violées", à tous ces gens qui nous disent qu'on "devrait avoir honte car il y a des gens VRAIMENT victimes de pédocrminalité dans le monde" une invitation à aller se faire bien cuire le fondement, tout ça le plus cordialement du monde bien sûr.


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A LIRE : le texte d'une des victimes sur Polyvalencemonpote.


ps : Au moment où je m'apprête à publier, j'en suis à lire des tweets d'une meuf qui estime qu'on profite de la vulnérabilité des victimes nous aussi en leur bourrant le crâne pour servir notre propre cause.
Oui parce qu'en fait, ce que ces jeunes filles ont vécu, c'est pas bien grave et ça ne mérite certainement pas un tel chambardement.
Et donc nous autres féminazies extrémistes, bah forcément, on n'a pas le sens de la mesure nécessaire pour observer cette affaire. Et avec notre hystérie bien connue, on entraîne ces jeunes filles à croire que ce qu'elles ont vécu c'est grave, alors que non.
Voila où on en est...
#JeReviensJeVaisVomirAPlus

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EDIT : Pour élargir le sujet, une twitta a souhaité partager ses diverses expériences problématiques avec des hommes plus agés, en partie pour tenter de déculpabiliser et de prévenir, et peut être même aider les jeunes filles/garçons confronté(e)s à ce genre de problèmes aujourd'hui...

J'aimerais juste raconter mes histoires IRL (quand j'étais ado le net n'existait pas encore vraiment, et j'ai commencé à utiliser les chats et compagnie quand j'avais 18 ans et que j'étais bcp plus sûre de moi et armée par la vie)

Je dois simplement préciser qu'il ne m'est jamais rien arrivé de GRAVE (agressions, attouchements...) mais ça me fait capter, et j'espère que ça fera capter d'autres, l'ambiance globale dans laquelle on baigne quand on est une fille ado et que la fréquence, la similarité de mes histoires avec celles d'autres montre qu'il y a un gros gros problème dans la société. Qu'il ne s'agit pas de belles histoires d'amour précieuses et rares, il s'agit d'un système de pensée cohérent qui se reproduit partout, tout le temps!
Cette liste n'est pas exhaustive, ce sont les exemple les plus parlants. Ce que j'essaye de faire passer c'est que les hommes/garçons plus agés ont été OMNIPRESENTS dans mon adolescence.

A l'époque, et la plupart du temps, j'ai été très flattée, séduite, j'avais l'impression que seuls les hommes et garçons mûrs me comprenaient, je me sentais admirée, enfin reconnue à ma juste valeur, etc...
J'aimerais VRAIMENT souligner le fait que c'est entre 11 et 18 ans que je me suis fait draguer le plus par des garçons/hommes plus âgés, que ce soit dans la rue, en colo, aux fêtes, lors d'activités sportives ou culturelles, en boîte... Il y a clairement une drague systématique des jeunes filles. 

- J'ai commencé à me faire draguer par des garçons/hommes majeurs à partir de 11-12 ans. La plupart se barraient immédiatement quand je leur disais mon âge l'air choqué, mais d'autres n'étaient pas du tout rebutés par ça. Il y a l'été entre la 6ème et la 5ème où j'ai dansé avec des mecs plus âgés qui me parlaient comme à une femme. Je me souviens très bien qu'à l'époque je les considérais plutôt avec un mélange d'amusement et de répulsion, ils me paraissaient très très cons, je n'étais absolument pas mûre pour entrer dans un rapport de séduction ou un échange de ce type.

- Quand j'étais en 5ème et en 4ème (deux années de suite, donc) un mono de la colonie de vacances de ski où j'allais faisait mine de me draguer, en rigolant (haha) il m'attrapait la main en m'appelant "mon amour", s'intéressait à moi et à mes histoires de coeur, me faisait des clins d'oeil, mangeait à ma table... Il me faisait rire, je l'aimais bien, mais je me souviens aussi que je faisais très attention à ne pas me retrouver seule avec lui et que si je me retrouvais "coincée" (par exemple dans le télésiège) j'étais un peu gênée et mal à l'aise.
En repensant à ça, d'autres souvenir me reviennent, notamment des plus lointains, d'autres colonies. Notamment un après-midi où l'infirmier de la colo nous faisait passer une sorte de visite médicale à tous l'un après l'autre à l'infirmerie (déjà rien que ça c'est chelou, non?). C'était un homme que je connaissais bien, le revoyant année après année. Bref, cet après-midi là, je me trouvais allongée sur sa table d'auscultation et je me souviens qu'il m'a regardé des pieds à la tête d'un air pensif en disant "J'arrive pas à croire que l'année dernière tu faisais partie du groupe des petits". Ca devait être l'été entre le CM1-CM2, j'avais donc 10 ans. Cette phrase, le ton dont il l'a dite, et son air me sont restés en tête.

- Quand j'étais en 4ème, que j'avais 13 ans, je faisais de l'aviron en club et un mec marié m'a fait des avances, bcp d'avances, me touchait les jambes, la taille, me traitait avec beaucoup d'égards. Je crois que pas mal de gens ont vu ce qui se passait et à quel point c'était déplacé, notamment une fois des gens du club lui ont demandé d'un air un peu désapprobateur : "C'est ta petite soeur?" Néanmoins, je crois que personne n'a réalisé que je n'avais que 13 ans. Heureusement pour moi, je ne le trouvais vraiment pas attirant physiquement (A l'époque, je  commençais à être attirée par les hommes plus âgés) du coup je n'ai jamais cherché à répondre à ses avances. Il faut quand même dire que je ressentais une sorte de fierté de cette situation.

- A l'age de 13 ou 14 ans, là encore en quatrième, je suis tombée amoureuse d'un mec de 24-25 ans. Il était jeune professeur dans le lycée voisin. C'était un gros gros crush. J'essayais de le voir le plus possible, "par hasard", je tombais sur lui dans la rue, etc... Finalement nous sommes sortis ensemble quand j'avais 16 ans (donc lui 27). Il ne s'est rien passé de sexuel, mais je sais que j'aurais tout donné à l'époque. Rétrospectivement, ça me paraît super glauque. Je ne vois pas trop ce qu'on avait en commun et ce qu'il pouvait me trouver.

- A 17 ans, à la fin de mon année de 1ère, un prof stagiaire dans mon lycée (il avait 26 ans) a proposé un plan à trois à une copine et moi. Elle avait 15 ans et était en seconde. On a failli accepter on le trouvait trop beau, et on était assez "libérées sur le plan sexuel. 

- A 18 ans, je me suis fait lourdement draguer par un mec de 30 ans. Il ne me plaisais pas particulièrement, mais il était stylé, il organisait des soirées, donc j'imagine que j'étais flattée. Je suis allée chez lui, mais j'ai refusé de coucher avec lui (il ne voulais pas mettre de capote). J'ai fini par le sucer. Tout était légal, mais je me doute bien que tu vois le souci :D

- A 20 ans, un mec de 32 ans s'intéressait à moi. Il était charmant et me plaisait bien. je venais d'entamer une relation avec quelqu'un d'autre, donc il ne s'est rien passé avec lui. Rétrospectivement encore, je me demande quel était son problème. 32 ans et il venait me chercher à la sortie du lycée (j'étais en prépa).

Je pense que mes histoires sont tristement banales. Ces situations me paraissaient normales, j'en parlais avec des copines. Beaucoup de filles plus jeunes que moi se sont trouvées à coucher avec des mecs plus âgées. Le consentement semblait toujours aller de soi ou en tout cas n'était jamais questionné. En tout cas personne ne s'est jamais posé la question de savoir si ces filles avaient vraiment envie de faire ce qu'elles faisaient. Ce que je sais c'est que ce n'est qu'au lycée (vers 16-17 ans) qu'il m'a semblé que les relations sexuelles étaient vraiment désirées, recherchées, voire encouragées par les filles.



vendredi 7 février 2014

Prostitution : Rafles de putes, entre racisme et violences policières


En Décembre dernier, la nouvelle rapportée d'une rafle dirigée contre des personnes étrangères en situation irrégulières, majoritairement prostitué(e)s, a mobilisé l'attention de diverses communautés sur plusieurs réseaux sociaux. (Je précise bien "de diverses communautés" et non "l'attention en général", car il faut bien admettre qu'une fois sorti des sphères concernées, le sujet ne mobilise plus personne ou presque... Mais bref,j'y reviendrais plus tard.)
Le gros de la rafle en question s'est produit dans la nuit du Samedi 14 au Dimanche 15 Décembre 2013 sur Paris Dauphine -du moins pour ce qu'on en sait, il est possible que d'autres opérations du genre aient eu lieu ailleurs dans la Capitale cette nuit là- et elle a évidemment débouché sur des dizaines de gardes à vues accompagnées de leur habituel lot de tortures et d'humiliations.

Une violence habituelle et systémique...

Pour cette rafle là, """"coup de chance"""", une personne connectée, militante et ayant la maîtrise de la langue française a pu rapporter les faits, ce qui a permis leur relais. Relais qui a donc mobilisé pas mal de colère et d'indignation.
Des réactions qui, si je les salue, m'ont tout de même interrogée par certains aspects.
En fait, j'ai toujours cette sale impression qui me vient en arrière goût devant les soulèvements indignés qu'entraînent parfois ce genre d'événements. Cette impression que l'attention se mobilise surtout comme si et parce que les faits avaient un caractère irrégulier, comme si il était question de "dérapages" et de "débordements" ponctuels finalement.
Le problème, c'est que ce genre de faits n'ont rien d'exceptionnels : ils sont purement et simplement routiniers et systémiques. 
Ce Samedi soir là, la rafle a été importante en nombre, ce qui a appuyé son caractère "impressionnant". Mais elle n'a été qu'un maillon dans une chaîne d'opérations similaires, plus éparses sur le nombre de personnes touchées mais identiques dans les méthodes, déroulées tout au long de la semaine précédente dans diverses zones de Paris. Et cela recommencera rapidement. (Et évidemment, faut-il le préciser, les villes de province sont également largement touchées par ce type d'événements, à fréquence variable selon leurs tailles.)

Mais alors, pourquoi on en parle si peu?

Plusieurs raisons à cela :
_ La première des choses, c'est que ces rafles sont dirigées vers des personnes considérées comme nuisibles par une importante partie de l'opinion publique, et surtout, par l'idéologie dominante. En clair, ces faits sont jugés comme parfaitement légitimes, pour ne pas dire utiles (faudrait limite dire merci en fait) pour la société.
Il faut souligner que l'objet principal de ce genre d'opérations, c'est l'expulsion de personnes étrangères en situation irrégulière. Un but largement soutenu par un très vaste éventail politique et idéologique, et appuyé par le racisme et le nationalisme qui font partie des systèmes de domination qui régissent notre société.
Et pour cibler une forte proportion de personnes étrangères en situation irrégulière, quoi de mieux que de centrer ces rafles sur les putes? On sait qu'une très importante partie d'entre elles et eux sont étrangèr(e)s, très souvent sans papier(e)s -donc vulnérables- et fortement exposé(e)s du fait de leur travail...

_ Ensuite, on peut observer qu'un véritable travail de justification de ces rafles s'exerce au travers des rares explications données par les représentant(e)s de l'Etat à leur sujet. Il serait question de délivrer les esclaves sexuelles, ce serait la seule solution pour arrêter les proxénètes, ce serait une forme de lutte contre le trafic d'êtres humains, etc.
Un grand classique, somme toute : Sous couvert de A, on fait avaler la grosse couleuvre B.
On pourrait éventuellement entendre et croire ces explications si elles résonnaient de façon cohérente avec les résultats sur le terrain, le contexte politico-social, etc. Mais ce n'est justement pas le cas.
Si faire des rafles de putes s'inscrivait réellement dans une démarche de libération des esclaves sexuelles et de lutte contre le trafic d'être humain (bien que ce soit franchement alambiqué, mais bref, admettons que ce soit possible), il y a une chose, rien qu'une seule chose, qui ne se déroulerait pas comme c'est le cas actuellement : Les victimes raflées ne seraient pas traitées comme si elles étaient coupables...
Et évidemment, en plus de cela, diverses dispositions seraient prises et mises en oeuvre en terme de prévention (que ce soit au niveau national ou international), de protection des victimes et de leurs proches, et autres... (Ha pardon, c'est vrai, l'allocation de 300 balles versée pendant 6 mois pour les victimes de proxénétisme en ferait partie, au temps pour moi, je croyais que c'était une boutade mais en fait non.)

_ Enfin, d'autres éléments beaucoup plus triviaux entrent en jeu dans le silence qui entoure ce genre de faits. Les personnes principalement concernées par ceux ci sont très souvent étrangèr(e)s, et très souvent aussi en situation irrégulière. Beaucoup ne maîtrisent pas forcément bien la langue française, et surtout, la plupart ne savent tout simplement pas non seulement comment relayer les faits (par quel canal? Qui contacter? etc.), mais surtout, ne pensent même pas avoir la légitimité pour pouvoir alerter et parler à leur sujet. Une conséquence classique de la marginalité...
Et puis surtout, pour la majorité des personnes raflées en situation irrégulière, la suite de la garde à vue, c'est centre de rétention et expulsion...
Finalement, ce sont souvent des travailleu(r)ses du sexe militant(e)s et syndiqué(e)s au STRASS qui arrivent à se faire relais de ces événements, en qualité de témoins direct ou non. (La situation militante aidant beaucoup à reprendre un peu confiance en sa légitimité d'avoir des droits et d'être traité(e) comme un être humain, et pouvant résoudre des problèmes logistiques tels que la langue, les canaux de communication, etc.) Et là, comme si c'était pas déjà suffisamment rare, compliqué, difficile et dangereux de parler, faut encore se taper les doutes et les accusations de mensonges/complots/instrumentalisations/et blablabla des représentant(e)s/associations féministes prohibo-abolitionnistes et dominantes...

Donc en gros, on cumule : La population visée est marginalisée/exclue et ne possède que très peu de moyens pour être relayée/entendue, la pratique est justifiée par l'opinion/les institutions, une grande partie des personnes concernée est expulsée, les rares personnes qui peuvent alerter/relayer ce genre de faits se heurtent à l'indifférence/la méfiance/le rejet d'organisations qui devraient pourtant logiquement être des alliées.
C'est un combo parfait pour entretenir silence et indifférence.

Conditions de garde à vue, quand violences et tortures sont des méthodes de travail normales...

Faut il vraiment le dire (en fait, oui), les conditions de garde à vue des putes victimes de rafles policières sont tout simplement scandaleuses, comme les conditions de garde à vue en général de toutes façons.
C'est à base d'enfermement à dix dans des micros cellules dégueulasses, quasi jamais nettoyées, avec de la pisse, de la gerbe, de la merde et des crachats par terre, c'est toilettes communes dans cette même cellule bondée sans même un mini muret pour cacher un peu la vue, c'est moqueries des keufs qui passent devant les cellules, c'est privation de soins des personnes sous traitement médical pour les faire parler (surtout quand elles sont toxicomanes, ha oui, c'est là que c'est le meilleur! Personne ne va reprocher à ces braves policiers de ne pas donner leur drogue à des drogué(e)s pas vraiment malades...), c'est des arrestations où on vous colle au sol, dans la boue, et où une fois en cellule, on ne vous donne pas la possibilité de vous laver, c'est humiliations transphobes (Ho que c'est rigolo d'enfermer une femme trans avec des mecs cis et de se coller derrière la vitre de la porte pour regarder ce que ça fait, comme au cirque) racistes (avec classiques "dans quelques heures d'façon tu nous emmerderas plus ici HAHAHA!"), putophobes ("Bah alors, on se balade avec le magasin à l'air?" dit à une pute en mini jupe, par exemple...), vols des recettes en liquides, brutalités physiques et morales permanentes, etc etc etc. (Notez ici que je ne décris que l'aspect "ordinaire" des violences, mais évidemment, cela va parfois beaucoup, beaucoup plus loin...)

Je rappelle quand même que ça là, c'est le traitement qu'on réserve à des personnes qui sont possiblement en situation d'esclavage sexuel. Nan mais parce que. Je. J'ai. Je sais pas, ça me fait complètement débloquer en fait. J'veux dire, la France pond des rapports où elle parle de 80 à 90% d'esclavage sexuel (en se contredisant un peu plus loin, m'enfin bon...) et en même temps, elle valide cette façon de faire. Mais heu... enfin bref.
Ces mêmes personnes possiblement en situation d'esclavage sexuel qu'on expulsait tout simplement si elles avaient l'outrecuidance de ne pas balancer leur proxénète (celui là même qui avait certainement menacé de passer toute la famille à l'acide si jamais les esclaves devaient parler par exemple...) jusqu'à il y a encore quelques mois...

L'abrogation du délit de racolage, la solution magique au goût amer...

Lorsque les organisations féministes prohibo-abolitionnistes étaient en campagne pour la loi relative à la pénalisations des clients, elles ont souvent parlé "d'inversion de la charge pénale".
L'abolition du délit de racolage (réclamée depuis près de trente ans et qu'il a été question d'accepter uniquement dans l'optique de la mise en place d'une loi relative à la pénalisation des clients, donc. Un échange de mauvais procédés finalement...) aurait selon elles permit et suffit à faire cesser les harcèlements et violences policières. Par ailleurs, les clients pénalisables représentaient une forme de pouvoir nouvellement applicable entre les mains des prostitué(e)s. (Un pouvoir nécessitant de passer par l'intérim de la police pour être utilisé, cette même police qui met un point d'honneur à harceler/violer/voler/violenter/insulter/humilier/enfermer/expulser/etc les putes depuis des décénies, mais bref, n'allez surtout pas dire que vous ne trouvez pas ça crédible sous peine de vous faire directement traiter de proxénète...)
C'était un bien beau discours, mais qui n'était hélas pas transposable sur le terrain. (Quand on voit la distance qui existe entre les idées/mesures prohibo-abolitionnistes et le terrain, on se dit que heureusement que ce n'est pas un courant spécialisé dans la prostitution, parce que sinon ce... #HoWait!)
Car ce discours omettait que l'objectif premier de ces rafles n'était aucunement de "lutter contre le trafic d'êtres humains", mais bel et bien d'arrêter et d'expulser des personnes étrangères en situation irrégulière.
A ce titre, le délit de racolage public et passif facilitait la vie de la police, il est vrai. Y'avait pas de détail à faire, boum, ils prenaient tout le monde et puis vaille que vaille une fois au poste.
A présent, peut être se montreront ils plus pointilleux, peut être feront ils attention à ne bien embarquer que des personnes étrangères sans papier(e)s, quoi que bon, même ça ça reste à voir, mais en tous cas, ils continueront toujours de faire des rafles. Tout simplement parce qu'ils poursuivent toujours le même objectif, avec les mêmes méthodes de travail.
Sans oublier que les municipalités peuvent toujours sortir des arrêtés de leur chapeau pour réhabiliter le délit de racolage public/passif chez elles. Juste au cas où ça deviendrait trop pénible pour la police de faire dans le détail, ou histoire de pouvoir continuer à faire juste exactement comme avant. (Quand on peut emmerder/harceler/terroriser/violenter absolument toutes les putes, et pas seulement les étrangèr(e)s, c'est quand même plus sympa!) C'est un des ces "petits détails" sur lesquels je reviendrais plus longuement dans les prochains jours...

Un relais, faute de mieux...

Enfin bref, je n'ai rien de plus élaboré à proposer sur ce sujet. Au fond, ce n'est pas vraiment à moi d'en parler, dans la mesure où je ne suis pas concernée directement. Je ne travaille pas en rue, je suis blanche et française. Je ne peux ici que raconter ce que j'entends et ce que je lis par des personnes en prise directe avec le sujet pour la plupart. (ou témoin de situations problématiques/graves)
J'aimerais mieux que les personnes visées par toutes ces problématiques et ces pratiques puissent avoir les moyens de revendiquer, de raconter elles mêmes, et qu'elles aient une chance d'être entendues. Et par "entendues" je veux dire, pas seulement qu'on les écoute en hochant la tête d'un air désolé, mais que leurs propos engendrent des choses, des réactions, des solutions, etc.
Mais bon, j'aimerais bien aussi pouvoir vider toutes les calories du chocolat. Y'a plein de trucs que j'aimerais bien en fait, mais je sais que c'est pas franchement possible là comme ça, en claquant des doigts.
Cela dit, il m'arrive d'avoir un certain nombre de lecteurs, et le sujet me semble vraiment important à être un minimum mis en perspective, rappelé et relayé régulièrement, au moins jusqu'à ce que de véritables moyens soient à disposition des acteurs/ices premièrement concerné(e)s...
Une occasion par ailleurs de remettre en perspective diverses problématiques, telles que la domination Nord/Sud, les violences policières, les violences aux frontières, les violences en centres de rétention, les conditions de garde à vue, les monopoles et confiscations de richesses, les systèmes de dominations racistes/sexistes, la putophbie, la transphobie, la toxicophobie, l'homophobie, et d'autres encore...
Des problématiques qui sont autant de causes et d'effets sur lesquels il devient tous les jours plus urgent d'agir.
Oui je sais, j'ai tendance à me répéter à force. Croyez bien que j'en suis la première blasée...

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